<?xml version='1.0' encoding='UTF-8'?><?xml-stylesheet href="http://www.blogger.com/styles/atom.css" type="text/css"?><feed xmlns='http://www.w3.org/2005/Atom' xmlns:openSearch='http://a9.com/-/spec/opensearchrss/1.0/' xmlns:georss='http://www.georss.org/georss' xmlns:gd='http://schemas.google.com/g/2005' xmlns:thr='http://purl.org/syndication/thread/1.0'><id>tag:blogger.com,1999:blog-5301258800169490235</id><updated>2011-07-30T08:41:41.008-07:00</updated><title type='text'>Réponses sauvées du vent</title><subtitle type='html'>Questionnaire pour Auteurs à Tendances Bordéliques</subtitle><link rel='http://schemas.google.com/g/2005#feed' type='application/atom+xml' href='http://reponsessauveesduvent.blogspot.com/feeds/posts/default'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/5301258800169490235/posts/default?max-results=100'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://reponsessauveesduvent.blogspot.com/'/><link rel='hub' href='http://pubsubhubbub.appspot.com/'/><author><name>thomas</name><uri>http://www.blogger.com/profile/08692166618240911652</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='16' height='16' src='http://img2.blogblog.com/img/b16-rounded.gif'/></author><generator version='7.00' uri='http://www.blogger.com'>Blogger</generator><openSearch:totalResults>6</openSearch:totalResults><openSearch:startIndex>1</openSearch:startIndex><openSearch:itemsPerPage>100</openSearch:itemsPerPage><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-5301258800169490235.post-1237183835186320872</id><published>2010-07-03T04:29:00.000-07:00</published><updated>2010-07-03T04:29:03.117-07:00</updated><title type='text'>Série N°6</title><content type='html'>&lt;div class="separator" style="clear: both; text-align: center;"&gt;&lt;a href="http://4.bp.blogspot.com/_prBH_EPl7u0/TC8aJnbExaI/AAAAAAAADKk/1PTac4CGV64/s1600/reponse.jpg" imageanchor="1" style="margin-left: 1em; margin-right: 1em;"&gt;&lt;img border="0" rw="true" src="http://4.bp.blogspot.com/_prBH_EPl7u0/TC8aJnbExaI/AAAAAAAADKk/1PTac4CGV64/s320/reponse.jpg" /&gt;&lt;/a&gt;&lt;/div&gt;&lt;div class="separator" style="clear: both; text-align: center;"&gt;Jacques Josse Antoine bréa et Martin Page&lt;/div&gt;&lt;br /&gt;&lt;strong&gt;&lt;span style="color: red;"&gt;&lt;span style="color: #cc0000;"&gt;- Vous êtes invité à une soirée où vous ne connaissez personne. Tout le monde semble d'ailleurs vous ignorer. Quelle sera votre attitude ?&lt;/span&gt; &lt;/span&gt;&lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;strong&gt;Jacques Josse :&lt;/strong&gt; M’emparer d’un verre. Déambuler, flâner, chercher celui ou celle qui semble aussi pau-mé que moi. Ou alors, si rien n’est possible, adopter la stratégie mise au point par Gas-ton Criel et Eric Losfeld quand ils se rendaient aux vernissages dans les années 50 : avoir avec soi, un peu planquées, dans la poche d’un grand imper à doublure par exem-ple, une ou deux bouteilles que l’on remplit en y versant quelques verres (de bon breu-vage tant qu’à faire) et aller ensuite partager le butin liquide avec quelqu’un à qui ça fera plaisir.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;strong&gt;Antoine Bréa :&lt;/strong&gt; Classiquement je me bourre d'alcool, je fonce vers les toilettes chercher ceux qui se droguent, je perds la mémoire et me réveille à trois dans un lit.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;strong&gt;Martin Page :&lt;/strong&gt; Je profite de l'étrangeté du moment. Les situations d'apesanteur sont toujours intéressantes. &lt;br /&gt;Mais je ne suis pas masochiste, alors je pars vite, retrouver des amis ou un livre. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;strong&gt;&lt;span style="color: #cc0000;"&gt;- Quel est votre mère en littérature (c’est à dire l’auteur qui vous a bercé et mis au monde, homme ou femme peu importe) ? et quel est votre père (c’est à dire l’auteur que vous rêvez de tuer, pour prendre sa place) ?&lt;/span&gt;&lt;/strong&gt; &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;strong&gt;Jacques Josse :&lt;/strong&gt; S’il y a mère, il y a en elle une ressemblance évidente avec celle que l’on trouve au coeur du vieux vinaigre. Vaut mieux ne pas y toucher. Le père, y’en a plusieurs et tous, déjà morts, tués par d’autres que moi.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;strong&gt;Antoine Bréa :&lt;/strong&gt; Ni père ni mère, ni dieu ni maître. Juste, j'aime bien lire des livres.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;strong&gt;Martin Page :&lt;/strong&gt;&amp;nbsp; L'écrivain qui m'a le plus influencé est Oscar Wilde. Pour la diversité de son œuvre et parce qu'il était toujours à la fois dans la tragédie et la comédie. Le malentendu continue à régner à son propos.&lt;br /&gt;Il n'y a pas d'auteur dont je voudrais prendre la place. Il n'y a pas de place à prendre. Ce que je veux c'est faire partie d'une famille et participer à la construire.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;strong&gt;&lt;span style="color: #cc0000;"&gt;- Dans une cave vous trouvez une lampe-torche pourrie. Vous poussez l'interrupteur sur on, comme ça pour voir, et hop un génie pourri sort de là en produisant un petit nuage soufré. Il vous dit : « Bon mec je tiens pas trop la forme ces temps-ci, alors ok t'as le droit de faire un voeu mais vas-y mollo et me gonfle pas avec des trucs tirés par les cheveux, d'ailleurs je vais te cadrer tout de suite , voilà les deux possibilités que je te donne, soit tu deviens un écrivain aussi célèbre que Colum McCann, soit tu te retrouves pété de tunes, à plus savoir combien exactement, style quatre milliards de dollars, alors tu choisis quoi mec ? »&lt;/span&gt;&lt;/strong&gt; &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;strong&gt;Jacques Josse :&lt;/strong&gt; J’éteins la lumière. Je ne parle pas. Je ne réponds jamais à un type qui m’interpelle ain-si. Je me contente d’un sifflement bref. Suffisant pour que Nixon et Reagan, mes deux chiens, des purs-sangs cinglés, rappliquent et entrent en action. Ce sont des molosses. L’un est petit et râblé, l’autre grand et dégingandé. Quand tu les vois, tu as toujours l’impression qu’ils se marrent. En réalité, c’est juste à cause de leurs dents. Elles pren-nent toute la place dans leurs gueules et, crois-moi, ils savent s’en servir. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;strong&gt;Antoine Bréa&lt;/strong&gt; : Mec, essaye pas de m'arnaquer, je connais pas ce cave de Colum McCann : aboule le fric !&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;strong&gt;Martin Page :&lt;/strong&gt; L'argent est une plus noble ambition que la célébrité et la reconnaissance. Donc l'argent, sans hésiter. L'avantage de l'argent c'est qu'on peut s'en débarrasser, le donner. Et puis cela permet de continuer à écrire en échappant à la célébrité et (quel luxe) sans mourir de faim. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;strong&gt;&lt;span style="color: #cc0000;"&gt;- Où la réalité se cache t-elle?&lt;/span&gt;&lt;/strong&gt; &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;strong&gt;Jacques Josse :&lt;/strong&gt; Probablement partout. Y compris dans nos rêves. Sinon pourquoi ces incessants cauchemars ?&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;strong&gt;Antoine Bréa :&lt;/strong&gt; La réalité je sais pas, mais la vérité est ailleurs.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;strong&gt;Martin Page :&lt;/strong&gt; La réalité ne se cache que si on le désire et malheureusement elle est obéissante. Alors elle se cache devant nos yeux grands ouverts.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;strong&gt;&lt;span style="color: #cc0000;"&gt;- Êtes-vous inséré dans la vie, ou bien avez-vous des problèmes qui vous en empêchent ?&lt;/span&gt;&lt;/strong&gt; &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;strong&gt;Jacques Josse :&lt;/strong&gt; Ces jours-ci, le corps flanche un peu. Est-ce cette petite flamme qu’on appelle la vie qui vacille et perd de son éclat ? Va savoir...&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;strong&gt;Antoine Bréa :&lt;/strong&gt; Je dirais : un tiraillement violent entre ces deux tendances. Mais c'est toute l'histoire de la vie moderne, non ?&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;strong&gt;Martin Page :&lt;/strong&gt; Je me débrouille, je ruse. Peu de choses sont simples et évidentes, j'ai l'impression de toujours travailler à être bien dans la vie. Mais je ne m'imagine pas autrement que doté de cette maladresse. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;strong&gt;&lt;span style="color: #cc0000;"&gt;- Combien de mots en moyenne par jour ?&lt;/span&gt;&lt;/strong&gt; &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;strong&gt;Jacques Josse :&lt;/strong&gt; Tout dépend des jours. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;strong&gt;Antoine Bréa :&lt;/strong&gt;&amp;nbsp; En moyenne zéro. Et puis il y a des périodes où je me lance à corps perdu dans un texte et là : plein.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;strong&gt;Martin Page :&lt;/strong&gt; Je ne sais pas. Certains écrivains que j'admire comptaient leurs mots chaque jour. Pourquoi pas, toutes les méthodes sont bonnes.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;strong&gt;&lt;span style="color: #cc0000;"&gt;- Le livre dont vous rêvez mais que vous n’oserez jamais écrire ?&lt;/span&gt;&lt;/strong&gt; &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;strong&gt;Jacques Josse :&lt;/strong&gt; Si j’en rêve, sûr que je ferais tout pour l’écrire. Le problème, c’est que je souviens rare-ment de mes rêves.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;strong&gt;Antoine Bréa :&lt;/strong&gt; Les livres dont je rêve, je les écris. D'ailleurs la &lt;a href="http://antoinebrea.blogspot.com/search/label/science%20vraie%20des%20r%C3%AAves%20%281%29"&gt;preuve&lt;/a&gt;.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;strong&gt;Martin Page :&lt;/strong&gt; Je ne vois pas pourquoi je n'oserais pas écrire un livre dont je rêve. Les rêves que l'on garde en soi se momifient. Ils sont fait pour naître. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;strong&gt;&lt;span style="color: #cc0000;"&gt;- Quel rapport entretient votre écriture avec le quotidien ?&lt;/span&gt;&lt;/strong&gt; &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;strong&gt;Jacques Josse :&lt;/strong&gt; Pour elle, le quotidien c’est du vif. Vivant, vital. C’est ce que l’on sert au bar du coin de la rue. Elle va s’y approvisionner au moins dix fois par jour. A du mal à connaître ses limites. Pour ça qu’elle tangue pratiquement tous les soirs.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;strong&gt;Antoine Bréa :&lt;/strong&gt; Un rapport très étroit, si du moins l'on admet que le champ du quotidien contient aussi une dimension épique et mystique.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;strong&gt;Martin Page :&lt;/strong&gt; Ce n'est pas toujours évident justement parce que mon quotidien est dédié à l'écriture. Une amie me disait qu'elle écrivait mieux depuis qu'elle avait un enfant et qu'il allait à l'école, car cela donnait des bornes à son temps d'écriture. Le quotidien, quand il n'est pas oppressant, est salvateur et enrichissant. La tranquille vie quotidienne avec la famille et les amis est une des douceurs de l'existence.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;strong&gt;&lt;span style="color: #cc0000;"&gt;-&amp;nbsp;Avez-vous le sentiment de bien vous comporter avec les gens en général et avec vos parents en particulier ?&lt;/span&gt;&lt;/strong&gt; &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;strong&gt;Jacques Josse :&lt;/strong&gt; J’essaie. Pas sûr d’y arriver.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;strong&gt;Antoine Bréa :&lt;/strong&gt; La question qui brûle…&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;strong&gt;Martin Page :&lt;/strong&gt; J'espère que c'est le cas. En tout cas je me pose souvent la question. J'y travaille. Je travaille aussi à bien me comporter avec moi-même.&lt;br /&gt;&lt;strong&gt;&lt;span style="color: #cc0000;"&gt;-Y a-t-il des choses indicibles en littérature ?&lt;/span&gt;&lt;/strong&gt; &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;strong&gt;Jacques Josse&amp;nbsp;:&lt;/strong&gt; Oui. Mais il faut quand même tenter de mettre des mots là-dessus.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;strong&gt;Antoine Bréa :&lt;/strong&gt; Il n'y aura rien d'indicible tant que tous les écrivains ne seront pas mis à la poésie expérimentale ou à faire des phrases sur Stephen King et les séries télé. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;strong&gt;Martin Page :&lt;/strong&gt; Non. Ce qui est indicible c'est ce qu'on n'arrive pas à dire ou ce que l'on s'interdit de dire. Parler d'indicible c'est convoquer le sacré dans une activité magique et profane. Dès qu'un écrivain parle de l'indicible on peut être sûr que c'est un curé (parfois de la pire espèce : un curé athée) . L'art n'est pas une religion, il n'y a pas d'impossibilité, il n'y a pas d'interdit. Il n'y a que manque d'imagination et de talent.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;strong&gt;&lt;span style="color: #cc0000;"&gt;- La musique à écouter en vous lisant ?&lt;/span&gt;&lt;/strong&gt; &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;strong&gt;Jacques Josse :&lt;/strong&gt; Des trucs très simples. Le bruit des vagues. Le chuintement d’une bière pression qui vient tout juste de sortir de la pompe.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;strong&gt;Antoine Bréa :&lt;/strong&gt; En ce qui me concerne, je n'écoute de la musique que le matin en me rasant. Ca m'aide à pas me couper. Je suis donc d'assez mauvais conseil en ce domaine. Cela dit, je ne vois pas bien l'intérêt de superposer une musique à une autre.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;strong&gt;Martin Page :&lt;/strong&gt; Jazz, pop.&lt;br /&gt;Cela dépend de ce sur quoi je travaille.&lt;br /&gt;Le silence aussi.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;strong&gt;&lt;span style="color: #cc0000;"&gt;- Donneriez-vous 10 000 vies contre celle d’un écrivain ?&lt;/span&gt;&lt;/strong&gt; &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;strong&gt;Jacques Josse :&lt;/strong&gt; Sûrement pas. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;strong&gt;Antoine Bréa :&lt;/strong&gt; Une vie est déjà bien fatigante et suffit amplement à ma peine. Qu'est-ce que j'irais faire de 10 000 vies ? Donc oui, sans hésitation.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;strong&gt;Martin Page :&lt;/strong&gt; Tout le pathos qui tend à faire des artistes de simili-divinités est embarrassant et saint-sulpicien. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;strong&gt;&lt;span style="color: #cc0000;"&gt;- Y a-t-il une éthique dans vos textes ou bien seulement une démarche esthétique ?&lt;/span&gt;&lt;/strong&gt; &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;strong&gt;Jacques Josse :&lt;/strong&gt; Ni l’une ni l’autre. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;strong&gt;Antoine Bréa :&lt;/strong&gt; Je ne crois pas qu'on puisse dissocier tout à fait les deux, l'une nourrissant forcément l'autre, et vice versa. Si je me goure pas, c'est Michel Villey qui disait que l'éthique de celui qui prétend ne pas avoir d'éthique est encore une éthique, quoique médiocre. Je suis d'accord avec ça.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;strong&gt;Martin Page :&lt;/strong&gt; Toute esthétique est une éthique. Nous écrivons à partir de ce que nous sommes, des êtres moraux que nous sommes depuis l'enfance. Personne n'y échappe. L'esthétique n'est pas un environnement stérile. Tant mieux.&lt;br /&gt;&lt;strong&gt;&lt;span style="color: #cc0000;"&gt;- L’art c’est vraiment ce qui rend la vie plus intéressante que l’art ?&lt;/span&gt;&lt;/strong&gt; &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;strong&gt;Jacques Josse :&lt;/strong&gt; C’est possible mais pas forcé. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;strong&gt;Antoine Bréa :&lt;/strong&gt; L'art ça doit être ce qui rend la vie plus compréhensible que l'art.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;strong&gt;Martin Page :&lt;/strong&gt; L'art c'est la vie. Un modèle, une incitation à devenir créateur de nos existences.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;strong&gt;&lt;span style="color: #cc0000;"&gt;- D’où viennent les phrases qui finissent dans vos livres ?&lt;/span&gt;&lt;/strong&gt; &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;strong&gt;Jacques Josse :&lt;/strong&gt; D’un peu partout. De la rue, du travail, du cimetière, du bistrot, du fond de la mémoire, d’un souvenir indécis, d’un creux de crâne, d’un vol plané, d’un choc, d’un vin léger, d’une éclipse intérieure, d’un rendez-vous manqué, du petit Robert, du grand tout… etc.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;strong&gt;Antoine Bréa :&lt;/strong&gt; J'ai une boîte spéciale à phrases qui finissent. Sous la peau de mon crâne.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;strong&gt;Martin Page :&lt;/strong&gt; De rencontres dans mon crâne entre des idées, des souvenirs, des pensées, des observations. De rencontres hors de mon crâne aussi. C'est assez simple en fait. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;strong&gt;&lt;span style="color: #cc0000;"&gt;- Peut on parler de public en littérature ?&lt;/span&gt;&lt;/strong&gt; &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;strong&gt;Jacques Josse :&lt;/strong&gt; Sans doute que oui, on peut.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;strong&gt;Antoine Bréa :&lt;/strong&gt; Et peut-on parler de littérature en public ?&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;strong&gt;Martin Page :&lt;/strong&gt; A partir du moment où on publie on s'adresse à quelqu'un, à quelques uns. On peut parler de public, c'est un beau mot.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;strong&gt;&lt;span style="color: #cc0000;"&gt;- Trois personnes qui ont nourri votre imaginaire ?&lt;/span&gt;&lt;/strong&gt; &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;strong&gt;Jacques Josse :&lt;/strong&gt; Un grand père marin, un voisin ivrogne et Don Quichotte. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;strong&gt;Antoine Bréa :&lt;/strong&gt; Ferdinand Bardamu. Henry Chinaski. Vadim Maslennikov. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;strong&gt;Martin Page :&lt;/strong&gt; Je ne pense pas que ce soit les autres qui nourrissent notre imaginaire. C'est une disposition (fabriquée) personnelle qui donne la capacité de se nourrir de tout ce que l'on voit, de tout ce que l'on rencontre.&lt;br /&gt;&lt;strong&gt;&lt;span style="color: #cc0000;"&gt;-Attendez-vous quelque chose de vos lecteurs ?&lt;/span&gt;&lt;/strong&gt; &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;strong&gt;Jacques Josse :&lt;/strong&gt; Lire mes textes, c’est déjà beaucoup. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;strong&gt;Antoine Bréa :&lt;/strong&gt; Vous voulez dire sexuellement ?&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;strong&gt;Martin Page :&lt;/strong&gt; Qu'ils soient bons avec leurs proches. Qu'ils s'entourent de gens de confiance. Qu'ils soient justes et rusés.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;strong&gt;&lt;span style="color: #cc0000;"&gt;- Quel est l'intérêt d'un texte court ?&lt;/span&gt;&lt;/strong&gt; &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;strong&gt;Jacques Josse :&lt;/strong&gt; On réussit à le tenir. A le contenir. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;strong&gt;Antoine Bréa :&lt;/strong&gt; Il n'est généralement pas long.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;strong&gt;Martin Page :&lt;/strong&gt; On peut le lire plus lentement. On peut le relire plus souvent. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;strong&gt;&lt;span style="color: #cc0000;"&gt;- Qu'attendez-vous de la vie, en définitive ?&lt;/span&gt;&lt;/strong&gt; &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;strong&gt;Jacques Josse :&lt;/strong&gt; Aïe ! Tout ça, au bout du compte, ça se termine mal, non ?&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;strong&gt;Antoine Bréa :&lt;/strong&gt; En définitive, la mort.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;strong&gt;Martin Page :&lt;/strong&gt; Me constituer une famille, dans tous les sens du terme. Continuer à créer.&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/5301258800169490235-1237183835186320872?l=reponsessauveesduvent.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://reponsessauveesduvent.blogspot.com/feeds/1237183835186320872/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.blogger.com/comment.g?blogID=5301258800169490235&amp;postID=1237183835186320872' title='0 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/5301258800169490235/posts/default/1237183835186320872'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/5301258800169490235/posts/default/1237183835186320872'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://reponsessauveesduvent.blogspot.com/2010/07/serie-n6.html' title='Série N°6'/><author><name>thomas</name><uri>http://www.blogger.com/profile/08692166618240911652</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='16' height='16' src='http://img2.blogblog.com/img/b16-rounded.gif'/></author><media:thumbnail xmlns:media='http://search.yahoo.com/mrss/' url='http://4.bp.blogspot.com/_prBH_EPl7u0/TC8aJnbExaI/AAAAAAAADKk/1PTac4CGV64/s72-c/reponse.jpg' height='72' width='72'/><thr:total>0</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-5301258800169490235.post-3452866692061111665</id><published>2009-08-15T02:43:00.000-07:00</published><updated>2009-08-20T04:56:57.751-07:00</updated><title type='text'>Série N°5</title><content type='html'>&lt;div align="center"&gt;&lt;a href="http://1.bp.blogspot.com/_prBH_EPl7u0/So022MjpxeI/AAAAAAAAByY/tlmD3pcqPZs/s1600-h/r%C3%A9ponse+sauv%C3%A9e5.jpg"&gt;&lt;img style="WIDTH: 400px; HEIGHT: 118px; CURSOR: hand" id="BLOGGER_PHOTO_ID_5372010235234469346" border="0" alt="" src="http://1.bp.blogspot.com/_prBH_EPl7u0/So022MjpxeI/AAAAAAAAByY/tlmD3pcqPZs/s400/r%C3%A9ponse+sauv%C3%A9e5.jpg" /&gt;&lt;/a&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;span style="FONT-WEIGHT: bold"&gt;&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="FONT-WEIGHT: bold"&gt;                                 Jérome Lafargue, Philippe Lemaire, Eric Poindron&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="COLOR: rgb(204,0,0); FONT-WEIGHT: bold"&gt;- Vous êtes invité à une soirée ou vous ne connaissez personne. Tout le monde semble d'ailleurs vous ignorer. Quelle sera votre attitude ?&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="FONT-WEIGHT: bold"&gt;Philippe Lemaire : &lt;/span&gt;Je reste un minimum de temps pour évaluer l’ambiance, et pars avant qu’il soit trop tard pour ne pas rester.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-family:georgia;"&gt;&lt;span style="FONT-WEIGHT: bold"&gt;Eric Poindron : &lt;/span&gt;Si il y a des livres, je prends un livre, pour quelque temps, et je bouquine. Si il y a une belle vue – le Palais Royal vu du Ministère de la Culture, par exemple – j’admire la vue en fumant. Et puis, très vite je fais « copain-copain » avec une bouteille de vodka pour les heures à venir. Et puis, si c’est à Paris, je file à &lt;i&gt;La Closerie des lilas&lt;/i&gt; jusqu'à la fermeture pour écouter des standards, boire encore un de la vodka, faire la conversation au Maréchal Ney ou à Johnny Deep - si, si ! - avant d’aller marcher dans les rues, en buvant de la vodka. Je me dirige ensuite vers Saint Sulpice et regarde si j’aperçois de la lumière dans les tours de l’église, là ou vivait le sonneur de cloche décrit par Huysmans dans son roman satanique &lt;i&gt;Là-bas&lt;/i&gt;. Si c’est l’été, je fais un somme sur un banc, près de la fontaine… Si c’est en province, je ne vais jamais dans les soirées ; surtout si je suis invité.&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="FONT-WEIGHT: bold"&gt;Jérôme Lafargue : &lt;/span&gt;Ben, mon p’tit gars, pourquoi veux-tu qu’on m’invite à c’type de trucs ? Mais si j’y vais, à l’homme visible que j’jouerais tu peux m’croire ! A bouffer et picoler sans qu’personne y m’voit. M’bourrerai la gueule tranquillou, et apès j’file au ciné !&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="COLOR: rgb(204,0,0); FONT-WEIGHT: bold"&gt;- Quel est votre mère en littérature (c’est à dire l’auteur qui vous a bercé et mis au monde, homme ou femme peu importe) ? et quel est votre père (c’est à dire l’auteur que vous rêvez de tuer, pour prendre sa place) ? &lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="FONT-WEIGHT: bold"&gt;Philippe Lemaire : &lt;/span&gt;Je me suis nourri des aventures de Bob Morane pendant mon adolescence, et je réalise que nous sommes plusieurs « frères » à avoir eu Henri Vernes comme « mère » en littérature. En relisant le cahier noir à spirale sur lequel je notais mes lectures de l’époque, je trouve aussi les noms de Jules Verne, Jean Ray, Alphonse Allais…&lt;br /&gt;Mon premier livre, à seize ans (jamais édité bien sûr), une parodie des aventures de James Bond.&lt;br /&gt;Mon « père » idéal en littérature pourrait être Borges, lui qui voulait « changer l’imaginaire ». Le faire disparaître du paysage est tout à fait impossible. Il a rejoint le royaume des ombres et se cache dans des labyrinthes inaccessibles, de l’autre côté du miroir.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;p style="TEXT-ALIGN: justify; LINE-HEIGHT: 15pt" class="MsoNormal"&gt;&lt;span style="FONT-WEIGHT: bold"&gt;Eric Poindron : &lt;/span&gt;Ma mère en littérature, c’est ma mère. J'ai passé une partie de mon enfance dans les bibliothèques, chez les librairies et les bouquinistes, et, presque à chaque fois, elle m’accompagnait. C'est elle qui, en cachette, m’a offert tous les livres - sans oublier &lt;i&gt;Actuel&lt;/i&gt; et &lt;i&gt;Hara Kiri&lt;/i&gt; - que je souhaitais lorsque j’étais enfant et adolescent. Aujourd’hui, c’est moi qui lui offre des livres puisque j’en reçois beaucoup et en possède encore davantage.Quant à mon père en littérature, il n’existe pas, même si je possède une famille nombreuse. Je n’ai jamais voulu tuer personne, c’est comme ça, et je me « contremoque » de devenir un grand écrivain. Faust, n’est fait pas partie de mes textes favoris. De plus, j’ai autant d’admiration pour un grand vigneron, un jongleur famélique, un fabriquant de pain d’épice, un meneur de revue – littéraire - ou un joueur de scie musical. &lt;/p&gt;&lt;span style="FONT-WEIGHT: bold"&gt;Jérôme Lafargue : &lt;/span&gt;Ben, l’a fallu qu’j’attende d’avoir quarante ans pour m’rend’ compte qu’j’avais les mêmes initiales que Jack London, mon auteur fétiche. C’est dire combien chuis lent.&lt;br /&gt;&lt;span style="COLOR: rgb(204,0,0); FONT-WEIGHT: bold"&gt;- Dans une cave vous trouvez une lampe-torche pourrie. Vous poussez l'interrupteur sur on, comme ça pour voir, et hop un génie pourri sort de là en produisant un petit nuage soufré. Il vous dit "bon mec je tiens pas trop la forme ces temps-ci, alors ok t'as le droit de faire un voeu mais vas-y mollo et me gonfle pas avec des trucs tirés par les cheveux, d'ailleurs je vais te cadrer tout de suite , voilà les deux possibilités que je te donne, soit tu deviens un écrivain aussi célèbre que Colum McCann, soit tu te retrouves pété de tunes, à plus savoir combien exactement, style quatre milliards de dollars, alors tu choisis quoi mec ?"&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="FONT-WEIGHT: bold"&gt;Philippe Lemaire : &lt;/span&gt;J’ai déjà rencontré ce type. C’était au deuxième étage d’un hôtel mal famé du centre de Bruxelles, voici quelques années. Une faible ampoule éclairait la scène. Derrière la paroi translucide de la cabine de douche, le génie pourri a fait apparaître une tache sombre, mal identifiée. Il a fallu y aller à tâtons pour en retirer un mouchoir sale noué aux quatre coins et bourré de bijoux et de dents en or. Ça se présentait comme le début d’un mauvais polar… Le génie attendait ma décision. Après un temps d’hésitation – je n’étais pas seul, et les bijoux font briller les yeux d’une femme –, j’ai choisi de laisser sur place le mouchoir suspect, les bagues en or, les dents arrachées et la seringue usagée qui traînait à côté. Je ne me souviens pas d’avoir fait un vœu devant le nuage soufré, c’est con. Heureusement, des génies africains ou asiatiques, le plus souvent femelles, m’assaillent régulièrement de propositions par e-mail pour me confier des magots auprès desquels l’étoile de Colum Mc Cann paraît bien pâle. Je prends encore un peu de temps pour réfléchir.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;p style="TEXT-ALIGN: justify; LINE-HEIGHT: 15pt" class="MsoNormal"&gt;&lt;span style="FONT-WEIGHT: bold"&gt;Eric Poindron : &lt;/span&gt;Mec, je choisis les quatre milliards et je me débrouille pour graisser la patte des journaliste afin qu’il raconte partout que je ne suis pas un écrivain célèbre, comme ça, pour fait parler de moi, genre "la société du spectacle” ou&lt;i&gt; Une femme qui s’affiche&lt;/i&gt;, le merveilleux film de Georges Cukor, avec la toute aussi merveilleuse et faussement candide Judy Holliday.&lt;span style="FONT-WEIGHT: bold"&gt; &lt;/span&gt;Mec, en vérité, je prends l’argent, je continue à faire de l’édition, je me prends un chauffeur – parce que je n’ai pas de permis - , un secrétaire – parce que j’ai déjà une secrétaire – et un cuisinier afin de manger du poisson bien travaillé tous les jours. Je m’achète un château délabré pour y établir un campement définitif. Je dors dans des palais de maharadjas, des trains de luxe – en Ecosse ou en Afrique du sud - et des cabanes dans les arbres. Je soigne les animaux et collectionne les oiseaux. Je remonte une cave parce que j'ai pu la précédente. Et j’édite des poètes ; il en reste.&lt;/p&gt;&lt;p style="TEXT-ALIGN: justify; LINE-HEIGHT: 15pt" class="MsoNormal"&gt;&lt;span style="FONT-WEIGHT: bold"&gt;Jérôme Lafargue : &lt;/span&gt;Ben, l’argent, pour sûr, mon p’tit gars ! Quesse tu crois ? Oh j’l connais ben l’McCann, mais j’veux ressembler à personne moi !&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;&lt;span style="COLOR: rgb(153,0,0); FONT-WEIGHT: bold"&gt;- Où la réalité se cache t-elle?&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="FONT-WEIGHT: bold"&gt;Philippe Lemaire : &lt;/span&gt;La réalité est partout, même dans nos rêves où elle revient par fragments qui se combinent étrangement, comme dans un collage.&lt;br /&gt;Je m’amuse parfois à développer une théorie selon laquelle le monde est un collage : la vie naît d’un collage et est elle-même un grand collage d’expériences, de situations, de rencontres… La société, un collage. La Bibliothèque, un autre collage… Tout est collage… et chaque parcelle, ombre ou reflet de la réalité peut entrer dans le collage que chacun se fait du monde. Beaucoup prennent ce collage pour une réalité figée, sans comprendre qu’ils ont, malgré les déterminismes divers, une grande liberté pour en enlever ce qui ne leur plaît pas et y ajouter ce qu’ils veulent.&lt;br /&gt;Quant au réel, c’est ce qui touche directement le corps. C’est le plaisir… ou la jambe cassée.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;p style="TEXT-ALIGN: justify; LINE-HEIGHT: 15pt" class="MsoNormal"&gt;&lt;span style="FONT-WEIGHT: bold"&gt;Eric Poindron : &lt;/span&gt;La réalité se cache dans nos peurs. Un exemple : l’autre jour… Non impossible de raconter, c’est tellement réel.&lt;/p&gt;&lt;p style="TEXT-ALIGN: justify; LINE-HEIGHT: 15pt" class="MsoNormal"&gt;&lt;span style="FONT-WEIGHT: bold"&gt;Jérôme Lafargue : &lt;/span&gt;Ben j’peux pas t’le dire, sinon on s’rait d’trop par ici.&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="COLOR: rgb(204,0,0); FONT-WEIGHT: bold"&gt;- Etes-vous inséré dans la vie, ou bien avez-vous des problèmes qui vous en empêchent ?&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="FONT-WEIGHT: bold"&gt;Philippe Lemaire : &lt;/span&gt;Je suis bien inséré dans la vie, mais il existe une tension entre le temps que je consacre au travail et celui que je peux libérer pour la création. Créer demande des moments de solitude et de disponibilité totale, ce qui ne va pas sans me poser des problèmes.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;p style="TEXT-ALIGN: justify; LINE-HEIGHT: 15pt" class="MsoNormal"&gt;&lt;span style="FONT-WEIGHT: bold"&gt;Eric Poindron : &lt;/span&gt;Parfaitement inséré. Je me lève le matin, je déjeune, m’occupe de mes animaux, me promène dans le village, lis la presse sur internet, me mets devant mon ordinateur. Puis j’écris. A 13 heures, je déjeune – seul – en écoutant les informations à la radio. L’après midi, lecture, des livres sérieux – la littérature fantastique ou amusante, c’est pour le soir - , je réponds – très peu – au téléphone. Après la sieste - un jour sur deux -je retrouve l’ordinateur afin de remplir quelques pages blanches. Puis lecture, un film fantastique ou une série américaine avec des serial Killer avant de lire de nouveau jusque tard dans la nuit. Quelquefois, seulement, un ami vient prendre le café avec moi le midi. Il m’arrive aussi de faire une marche de nuit dans la forêt. Le lundi, une fois pas semaine, je vais au bureau, aux éditions, afin de voir mes amis qui vivent à la ville. Souvent, j’ai tendance à croire que ce sont les autres qui sont mal insérés, mais je ne leur en veux pas. Et mon médecin qui est un ami, et un type épatant m’assure qu’ils n’y sont pour rien.&lt;/p&gt;&lt;p style="TEXT-ALIGN: justify; LINE-HEIGHT: 15pt" class="MsoNormal"&gt;&lt;span style="FONT-WEIGHT: bold"&gt;Jérôme Lafargue : &lt;/span&gt;Docteur, j’souffre d’une affection terrib’ qui m’empêche de participer pleinement aux activités humaines. Chuis naturellement en retrait, dans la position d’l’observateur navré ou curieux, et j’justifie c’non engagement par ma timidité (réelle), mon manque d’intérêt (réel) ou la fatigue (réelle). Docteur, j’compte sur vous pour ne pas m’aider à guérir.&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="COLOR: rgb(153,0,0); FONT-WEIGHT: bold"&gt;- Combien de mots en moyenne par jour ?&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="FONT-WEIGHT: bold"&gt;Philippe Lemaire : &lt;/span&gt;Je n’avais jamais compté, mais je trouve cinquante à deux cents mots en moyenne. J’écris tous les jours : notes manuscrites, journal, notes de lectures, articles, fictions, poèmes, aphorismes, et projets de livres qui alimentent ma bibliothèque imaginaire.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="FONT-WEIGHT: bold"&gt;Eric Poindron : &lt;/span&gt;Le dimanche, pas de mots, en principe, même si je n'ai pas beaucoup de principes. Et puis les pas sont un peu des mots.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="FONT-WEIGHT: bold"&gt;Jérôme Lafargue : &lt;/span&gt;Parfois un certain nombre, parfois pas du tout.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="COLOR: rgb(153,0,0); FONT-WEIGHT: bold"&gt;-Le livre dont vous rêvez mais que vous n’oserez jamais écrire ?&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="FONT-WEIGHT: bold"&gt;Philippe Lemaire : &lt;/span&gt;Mon rêve serait d’écrire un livre impossible, un livre aux multiples facettes qui laisserait le lecteur ou la lectrice avec un sentiment d’émerveillement inépuisable. Quelque chose entre Les Mille et une nuits et Les Chants de Maldoror... Ce fantasme appelle peut-être la naissance d’un livre sans mots, comme le roman en collages de Max Ernst, Une Semaine de bonté. Je pourrais ainsi composer ce livre rêvé sans jamais l’écrire.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="FONT-WEIGHT: bold"&gt;Eric Poindron : &lt;/span&gt;Tous les livres dont je rêve sont déjà écrits, ceux à venir seront écrits par d'autres écrivains.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="FONT-WEIGHT: bold"&gt;Jérôme Lafargue : &lt;/span&gt;Ben, c’te question ! Faut toujours écrire le livre dont on rêve, même si c’est qu’dans sa tête.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="COLOR: rgb(204,0,0); FONT-WEIGHT: bold"&gt;- Quel rapport entretient votre écriture avec le quotidien?&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="FONT-WEIGHT: bold"&gt;Philippe Lemaire : &lt;/span&gt;Je m’éveille tôt, sans réveil. Presque chaque jour, je prends du temps pour lire et écrire le matin, afin de démarrer la journée avec une part d’imaginaire qui m’accompagnera jusqu’au soir. Je suis à l’extrême opposé des gens qui allument la radio au réveil pour « entrer dans le réel » et la télé le soir pour en sortir. Je n’évite pas pour autant les contraintes et la charge mentale liées à la vie professionnelle, mais je cherche à les gérer comme des stimulations en combinant une implication active dans ce que je dois faire et une attitude mentale ouverte en permanence. J’ai toujours un carnet et un stylo avec moi, et un ordinateur portable pas très loin. Les soirées sont les moments où je dispose réellement de temps pour écrire, mais les longues plages de disponibilité absolue, si nécessaires pour aller jusqu’au bout d’un processus créatif, c’est pendant les week-ends ou les vacances que je les trouve.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="FONT-WEIGHT: bold"&gt;Eric Poindron : &lt;/span&gt;Un rapport assez malsain, cher docteur, puisque je vis de mes mots. Mais sans faire aucune concession – ou très, très rarement – je le confesse. Tout ce que je signe, je le revendique. Il existe aussi beaucoup de mot que je n’ai pas signé et que je revendique encore davantage.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;p style="TEXT-ALIGN: justify; LINE-HEIGHT: 15pt" class="MsoNormal"&gt;&lt;span style="FONT-WEIGHT: bold"&gt;Jérôme Lafargue : &lt;/span&gt;J’y pense tout l’temps. Et j’pense pas suffisamment à ceux qui m’entourent et qu’en pâtissent, car, malheureusement, chuis étourdi et rêveur, et écrire fait qu’renforcer c’truc là.&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="COLOR: rgb(153,0,0); FONT-WEIGHT: bold"&gt;- Avez-vous le sentiment de bien vous comporter avec les gens en général et avec vos parents en particulier ?&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="FONT-WEIGHT: bold"&gt;Philippe Lemaire : &lt;/span&gt;Je pense être quelqu’un de fiable qui se comporte correctement avec les gens en général. Il m’arrive d’être lunatique ou imprévisible. Je travaille à m’améliorer. Je suis très fidèle en amitié. Je pense bien me comporter avec ma mère (mon père est décédé), bien que l’éloignement géographique soit un obstacle réel pour être présent auprès d’elle aussi souvent qu’elle le souhaiterait.&lt;br /&gt;&lt;span style="FONT-WEIGHT: bold"&gt;&lt;br /&gt;Eric Poindron : &lt;/span&gt;Je l'espère. Toutefois, je fréquente très peu « les gens ». Je sais pourtant que « les gens » - surtout ceux qui ne me connaissent pas - disent que je suis infréquentable. Question de comportement peut-être. Avec ma mère, mieux vaut lui poser la question.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="FONT-WEIGHT: bold"&gt;Jérôme Lafargue : &lt;/span&gt;Ben mon père il est mort, andouille ! P’tain, y vient d’me gâcher la journée çui-ci ! Le bonjour à ma p’tite maman, que j’adore.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="COLOR: rgb(153,0,0); FONT-WEIGHT: bold"&gt;- Y'a t il des choses indicibles en littérature?&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="FONT-WEIGHT: bold"&gt;Philippe Lemaire : &lt;/span&gt;Les mots et les choses ne sont unis que par l’arbitraire du signe, et les pouvoirs de la littérature ont leurs limites. La peinture, la musique, la danse… utilisent des moyens différents qui court-circuitent l’intellect et dialoguent directement avec l’imaginaire, voire avec le corps...&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;p style="TEXT-ALIGN: justify; LINE-HEIGHT: 15pt" class="MsoNormal"&gt;&lt;span style="FONT-WEIGHT: bold"&gt;Eric Poindron : &lt;/span&gt;Immanquablement l'amour, la mort, le brouillard, la prose de Valéry Larbaud, et les caviars de chez Pétrossian.&lt;/p&gt;&lt;p style="TEXT-ALIGN: justify; LINE-HEIGHT: 15pt" class="MsoNormal"&gt;&lt;span style="FONT-WEIGHT: bold"&gt;Jérôme Lafargue : &lt;/span&gt;Eh bien, là, tout de suite, hum… voyons… ah si ! bien sûr ! le… PAW ! PAW ! … Aaarrrgghh….&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="COLOR: rgb(153,0,0); FONT-WEIGHT: bold"&gt;- La musique à écouter en vous lisant?&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="FONT-WEIGHT: bold"&gt;Philippe Lemaire : &lt;/span&gt;J’écris dans le silence et les bruits familiers, mais je ne vois aucun inconvénient à ce que lecteur écoute de la musique en me lisant. Plutôt du rock, et si possible en vinyl. Par exemple un album des Pretty Things, de Spirit ou de Sonic Youth, ou encore le dernier Wilco.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="FONT-WEIGHT: bold"&gt;Eric Poindron : &lt;/span&gt;Les &lt;i&gt;Quatre derniers lieder&lt;/i&gt; de Strauss, Sid Vicious descendant l’escalier en chantant My Way, tout Schubert, tout Willy Deville, &lt;i&gt;La Bohème&lt;/i&gt; de Puccini, Kashemir de Led Zeppelin, les entretiens entre Paul Léautaud et Robert Mallet (édité par Frémeaux associés), &lt;i&gt;Requiem des rois de France&lt;/i&gt; de Eustache du Caurroy, Fréhel, ou Les trouvères et troubadours du XIIIe siècle. J'ai dû oublier Frank Sinatra, Fred de Fred (&lt;i&gt;Lacenaire enfin vengé&lt;/i&gt;), Angelo Branduardi, William Sheller, Christophe, Le Velvet, Loreena Mc Kennitt, Lhassa, Goran Bregovic, le &lt;i&gt;Stabat Mater&lt;/i&gt; de Vivaldi, Leonard Cohen ,Benjamin Britten, Guns N' roses, Barbara, et les autres milliers de disque qui s'empilent dans mes différents bureaux.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;p style="TEXT-ALIGN: justify; LINE-HEIGHT: 15pt" class="MsoNormal"&gt;&lt;span style="FONT-WEIGHT: bold"&gt;Jérôme Lafargue : &lt;/span&gt;Du rock mon p’tit gars, ou d’la musique classique, ou du reggae&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="COLOR: rgb(153,0,0); FONT-WEIGHT: bold"&gt;- Donneriez-vous 10 000 vies contre celle d’un écrivain ?&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="FONT-WEIGHT: bold"&gt;Philippe Lemaire : &lt;/span&gt;10 000 vies contre 10 000 pages, le compte n’y est pas ! Une seule vie, mais bien vécue, qui se terminera par un livre et non un simple avis de disparition.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="FONT-WEIGHT: bold"&gt;Eric Poindron : &lt;/span&gt;Même pas dix mille vies de salauds de dictateurs. Quand je donne, ce sont des baisers – sans sous entendu -, des livres, du temps et du vin. j'ai l'amour de la littérature et c'est tout. Ecrivain, c'est isolement et souffrance. Et puis d’abord, donnez-moi la définition d’un écrivain.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="FONT-WEIGHT: bold"&gt;Jérôme Lafargue : &lt;/span&gt;Ah l’aut’ ! N’import’ quoi !&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="COLOR: rgb(153,0,0); FONT-WEIGHT: bold"&gt;- Y'a t il une éthique dans vos textes ou bien seulement une démarche esthétique?&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="FONT-WEIGHT: bold"&gt;Philippe Lemaire : &lt;/span&gt;Je veux d’abord écrire un texte que j’aurais moi-même plaisir à lire s’il était écrit par quelqu’un d’autre. Un texte qui m’étonne, où je découvre quelque chose que j’ignorais. Je veux aussi laisser au lecteur (à la lectrice) la possibilité d’entrer dans le texte à sa convenance, pour y trouver ce qui va parler à son imaginaire ou à sa sensibilité. Je mise sur son intelligence et sur sa capacité à devenir lui-même créateur à partir du texte que je lui soumets. C’est une forme d’éthique.&lt;br /&gt;&lt;span style="FONT-WEIGHT: bold"&gt;&lt;br /&gt;Eric Poindron : &lt;/span&gt;Oui les deux. Ethique : Citer au moins une fois par texte le nom de Victor Hugo, mais c’est difficile. Esthétique : citer au moins une fois par texte “Demain dès l’aube “ de Victor Hugo, mais c’est Presque impossible.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="FONT-WEIGHT: bold"&gt;Jérôme Lafargue : &lt;/span&gt;Chais pas.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="COLOR: rgb(153,0,0); FONT-WEIGHT: bold"&gt;- L’art c’est vraiment ce qui rend la vie plus intéressante que l’art ?&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="FONT-WEIGHT: bold"&gt;Philippe Lemaire : &lt;/span&gt;Rien de plus triste qu’une vie sans magie. L’art et l’imaginaire démultiplient les passions qui rendent la vie plus intense.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="FONT-WEIGHT: bold"&gt;Eric Poindron : &lt;/span&gt;Ca dépend de l’art et ça dépend de la vie. Si la vie, c’est premier ministre ou un truc comme ça, je préfère l’art. Si l’art, c’est les têtes de gondole ou le prix de Flore, je préfère la pêche à la mouche – même si je ne pêche pas – et la cueillette des champignons, que je pratique avec dévotion… Il est aussi probable que la vie c'est vraiment ce qui rend l'art plus intéressant que la vie.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="FONT-WEIGHT: bold"&gt;Jérôme Lafargue : &lt;/span&gt;Oh putain ! J’comprends pas tout là mon gars. Faudrait voir à t’essprimer un peu mieux.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="COLOR: rgb(153,0,0); FONT-WEIGHT: bold"&gt;- D’où viennent les phrases qui finissent dans vos livres ?&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="FONT-WEIGHT: bold"&gt;Philippe Lemaire : &lt;/span&gt;De ma tête, naturellement, mais notre tête est un gigantesque collage où s’accumule ce que les autres y ont placé, ce que nous avons vu, vécu, entendu, lu, senti, etc. et un peu de ce que nous avons choisi d’y mettre.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="FONT-WEIGHT: bold"&gt;Eric Poindron : &lt;/span&gt;La dernière phrase vient en dernier, je n'y peux rien, c'est le stylo noir qui s'en charge. Mais je possède toujours une phrase de rechange. J'ai même une boite ou je range les dernières phrase. A cas où. Du type : « la fin d'un livre est toujours inférieur au reste », comme l'a écrit Stendhal pour, peut-être, se trouver quelque alibi.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="FONT-WEIGHT: bold"&gt;Jérôme Lafargue : &lt;/span&gt;Ben, du même endroit qu’les aut’.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="COLOR: rgb(153,0,0); FONT-WEIGHT: bold"&gt;- Peut on parler de public en littérature?&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="FONT-WEIGHT: bold"&gt;Philippe Lemaire : &lt;/span&gt;Chaque lecteur est unique, mais il existe des communautés de lecteurs, le plus souvent informelles, comme la société secrète des lecteurs de Richard Brautigan, de Sternberg, de Jacques Abeille ou de Paul Auster. Elles ont entre elles des liens complexes, chaque lecteur organisant à sa convenance la bibliothèque idéale où il réunit ses livres et ses auteurs favoris.&lt;br /&gt;Tout auteur a envie, me semble-t-il, qu’une discrète société de lecteurs se forme autour de lui et &lt;span style="font-family:georgia;"&gt;s’élargisse peu à peu, mais pas trop vite.&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;p style="TEXT-ALIGN: justify; LINE-HEIGHT: 15pt" class="MsoNormal"&gt;&lt;span style="FONT-WEIGHT: bold"&gt;Eric Poindron : &lt;/span&gt;&lt;span class="Apple-style-span"  style="font-family:georgia;"&gt;Il existe autant de public qu'il reste de bancs publics. &lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p style="TEXT-ALIGN: justify; LINE-HEIGHT: 15pt" class="MsoNormal"&gt;&lt;span style="FONT-WEIGHT: bold"&gt;Jérôme Lafargue : &lt;/span&gt;Chais pas&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="COLOR: rgb(153,0,0); FONT-WEIGHT: bold"&gt;- Trois personnes qui ont nourri votre imaginaire?&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="FONT-WEIGHT: bold"&gt;Philippe Lemaire : &lt;/span&gt;Ma grand-mère maternelle, qui, lorsque j’étais enfant, après la messe du dimanche matin, m’emmenait avec elle dans une minuscule bibliothèque pour choisir des livres et des bandes dessinées.&lt;br /&gt;Les surréalistes, notamment Jacques Prévert avec son recueil illustré de collages, Imaginaires.&lt;br /&gt;L’amoureuse magicienne qui a surgi toute nue sous mon crâne comme si elle s’était échappée d’un de mes collages, et ne quitte plus mes pensées.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="FONT-WEIGHT: bold"&gt;Eric Poindron : &lt;/span&gt;Sherlock Holmes pour la ténacité et la méthode, Athos pour les élégances et l'humanisme, Restif de la Bretonne pour l'art de la marche et de l'observation.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="FONT-WEIGHT: bold"&gt;Jérôme Lafargue : &lt;/span&gt;Calvin &amp;amp; Hobbes (la BD), Gros Minet (alias Sylvestre).&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="COLOR: rgb(153,0,0); FONT-WEIGHT: bold"&gt;- Attendez-vous quelque chose de vos lecteurs ? &lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="FONT-WEIGHT: bold"&gt;Philippe Lemaire : &lt;/span&gt;Je suis toujours curieux de savoir ce que le lecteur a trouvé dans ce que j’ai écrit. Je suis souvent surpris.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="FONT-WEIGHT: bold"&gt;Eric Poindron : &lt;/span&gt;Qu'ils n'achètent pas mes livres d'occasion afin que je touche mes - maigres - droits d'auteur et qu'ils s'abstiennent de dire du mal des mêmes livres.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="FONT-WEIGHT: bold"&gt;Jérôme Lafargue : &lt;/span&gt;Ben, qu’y zachèt’ mes bouquins pardi !&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="COLOR: rgb(153,0,0); FONT-WEIGHT: bold"&gt;- Quel est l'intérêt d'un texte court?&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="FONT-WEIGHT: bold"&gt;Philippe Lemaire : &lt;/span&gt;Toute prose est chargée de mots inutiles. Un texte court en élimine davantage.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="FONT-WEIGHT: bold"&gt;Eric Poindron : &lt;/span&gt;Aucun intérêt, c'est une épreuve de &lt;i&gt;funambulisme.&lt;/i&gt; Qui, comme Pierre Reverdy, peut prétendre écrire : « En ce temps-là, le charbon était devenu aussi précieux et rare que des pépites d’or et j’écrivais dans un grenier où la neige en tombant par les interstices du toit, devenait bleue. » Faire court, c'est presque la chute, à coup sûr.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="FONT-WEIGHT: bold"&gt;Jérôme Lafargue : &lt;/span&gt;Ben, y en a pas beaucoup. C’est plus dur à écrire, ça s’vend moins bien. A part le plaisir qu’on prend à l’faire et çui qu’on donne à ceuss qui l’lisent, j’vois pas.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="COLOR: rgb(153,0,0); FONT-WEIGHT: bold"&gt;- Qu'attendez-vous de la vie, en définitive ?&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="FONT-WEIGHT: bold"&gt;Philippe Lemaire :&lt;/span&gt; Vivre au présent l’alchimie entre réel et imaginaire, goûter la magie des instants et pouvoir accueillir le Merveilleux et l’inattendu.&lt;br /&gt;&lt;span style="FONT-WEIGHT: bold"&gt;&lt;br /&gt;Eric Poindron : &lt;/span&gt;Qu'elle me laisse vivre ma vie. Et même si je ne suis pas dupe, je citerai quand même le grand Kobayashi Issa : « en ce monde nous marchons sur les toits de l'enfer et regardons les fleurs. »&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;p style="TEXT-ALIGN: justify; LINE-HEIGHT: 15pt" class="MsoNormal"&gt;&lt;span style="FONT-WEIGHT: bold"&gt;Jérôme Lafargue : &lt;/span&gt;Vindiou ! La question d’la mort !&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/5301258800169490235-3452866692061111665?l=reponsessauveesduvent.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://reponsessauveesduvent.blogspot.com/feeds/3452866692061111665/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.blogger.com/comment.g?blogID=5301258800169490235&amp;postID=3452866692061111665' title='3 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/5301258800169490235/posts/default/3452866692061111665'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/5301258800169490235/posts/default/3452866692061111665'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://reponsessauveesduvent.blogspot.com/2009/08/serie-n5.html' title='Série N°5'/><author><name>thomas</name><uri>http://www.blogger.com/profile/08692166618240911652</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='16' height='16' src='http://img2.blogblog.com/img/b16-rounded.gif'/></author><media:thumbnail xmlns:media='http://search.yahoo.com/mrss/' url='http://1.bp.blogspot.com/_prBH_EPl7u0/So022MjpxeI/AAAAAAAAByY/tlmD3pcqPZs/s72-c/r%C3%A9ponse+sauv%C3%A9e5.jpg' height='72' width='72'/><thr:total>3</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-5301258800169490235.post-2017307292305327216</id><published>2008-09-02T06:49:00.000-07:00</published><updated>2008-09-18T01:56:50.421-07:00</updated><title type='text'>Série N°4</title><content type='html'>&lt;a onblur="try {parent.deselectBloggerImageGracefully();} catch(e) {}" href="http://2.bp.blogspot.com/_prBH_EPl7u0/SNIXpD29POI/AAAAAAAAAfU/dEh0R9f5sJM/s1600-h/IMG_1524.JPG"&gt;&lt;img style="margin: 0pt 10px 10px 0pt; float: left; cursor: pointer;" src="http://2.bp.blogspot.com/_prBH_EPl7u0/SNIXpD29POI/AAAAAAAAAfU/dEh0R9f5sJM/s320/IMG_1524.JPG" alt="" id="BLOGGER_PHOTO_ID_5247282510017936610" border="0" /&gt;&lt;/a&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-weight: bold; color: rgb(204, 0, 0);"&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="color: rgb(0, 0, 0);"&gt;Cristian Déquesnes, Patrice Maltaverne, Charles Pennequin&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;- Vous êtes invité à une soirée où vous ne connaissez personne. Tout le monde semble d'ailleurs vous ignorer. Quelle sera votre attitude ?&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-weight: bold;"&gt;-Patrice Maltaverne&lt;/span&gt;: Il est probable que je me pochtronne la teutê dans un coin peinard en déconnant de plus en plus avec le serveur. Ou pire encore, que je souhaite engager la conversation avec la fille au décolleté le plus profond et à la jupe la plus courte en bafouillant une phrase à quatre mots. Pas de poème à déclamer en la circonstance, l’idéal étant que le serveur soit la fille au décolleté le plus profond et à la jupe la plus courte. Et puis, tout ça finira bien par l’intervention du videur de service.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-weight: bold;"&gt;-Christian Edzyré Déquesnes:&lt;/span&gt; Je vais voir ailleurs si j'y suis.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;strong&gt;- Charles Pennequin:&lt;/strong&gt; Je continue coûte que coûte de m’ignorer en bande.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-weight: bold; color: rgb(204, 0, 0);"&gt;- Quelle est votre mère en littérature (c’est à dire l’auteur qui vous a bercé et mis au monde, homme ou femme peu importe) ? Et quel est votre père (c’est à dire l’auteur que vous rêvez de tuer, pour prendre sa place) ?&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-weight: bold;"&gt;-Patrice Maltaverne:&lt;/span&gt; Pour la mère, Arthur Rimbaud, les doigts dans le nez. Pour le père, un poète ou une poétesse (c’est plus mode) d’état subventionné : tripatouilleur conventionnel de langage ou haïku boomer. Là, je ne peux pas donner de nom car il y en a trop. Pis c’est possible qu’après avoir tué mon père, j’attrape la même maladie, alors…&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;strong&gt;-Christian Edzyré Déquesnes:&lt;/strong&gt; - Homére&lt;br /&gt;- Ivar Ch'Vavar&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;strong&gt;-Charles Pennequin:&lt;/strong&gt; La mise au monde&lt;br /&gt;Les parents&lt;br /&gt;Le rêve&lt;br /&gt;La mort d’écrivains intuables aussi&lt;br /&gt;Tout ça c’est peut-être pas compatible avec la littérature.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-weight: bold; color: rgb(204, 0, 0);"&gt;- Dans une cave vous trouvez une lampe-torche pourrie. Vous poussez l'interrupteur sur on, comme ça pour voir, et hop un génie pourri sort de là en produisant un petit nuage soufré. Il vous dit "bon mec je tiens pas trop la forme ces temps-ci, alors ok t'as le droit de faire un voeu mais vas-y mollo et me gonfle pas avec des trucs tirés par les cheveux, d'ailleurs je vais te cadrer tout de suite, voilà les deux possibilités que je te donne, soit tu deviens un écrivain aussi célèbre que Colum McCann, soit tu te retrouves pété de tunes, à plus savoir combien exactement, style quatre milliards de dollars, alors tu choisis quoi mec ?"&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-weight: bold;"&gt;-Patrice Maltaverne:&lt;/span&gt; Comme un dugland, je vais choisir la célébrité de l’écrivain. Mais faut pas qu’il écrive de la merde, le célèbre écrivain (par exemple un bouquin identique tous les mois de septembre). Je préfère qu’il ait régulièrement des petites crises de délirium tremens et qu’il foute le bordel en public avant d’accoucher de son œuvre, ce qui n’est pas donné à tout le monde.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-weight: bold;"&gt;-Christian Edzyré Déquesnes:&lt;/span&gt; Les 4 milliards car je ne désire pas être un écrivain célèbre... puis avec 4 milliards je m'offre la Ford Mustang de Steve McQueen dans Bullit et aussi je peux faire des heureux et du bien autour de moi et même plus loin... plus loin c'est cela qui compte le plus !&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;strong&gt;- Charles Pennequin:&lt;/strong&gt; Déjà je me suis endormi quelque part dans un coin de la cave. C’est mon choix, comme disait notre chère Evelyne sur Télé-France-Pue. Ou Télé pute. Et je dis : Prout, à ton type, juste avant. Mais avec un point d'interrogation, ça fait bien.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-weight: bold; color: rgb(204, 0, 0);"&gt;- Où la réalité se cache-t-elle?&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-weight: bold;"&gt;-Patrice Maltaverne:&lt;/span&gt; Dans la clairière d’une forêt ou au sommet d’une colline au printemps.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-weight: bold;"&gt;-Christian Edzyré Déquesnes:&lt;/span&gt; La réalité est du côté des morts.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;strong&gt;- Charles Pennequin:&lt;/strong&gt; Dans le cul d’Homer Simpson (pourquoi ces questions au fait ? elles ont vraiment été sauvées ? mais par qui ??? qui a osé ? ou alors c'est que les réponses à sauver ? pourquoi faire ? il a rien d'autre à foutre le type qui répond ? il pourrait pas écouter un peu plus le vent ?!)&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-weight: bold; color: rgb(204, 0, 0);"&gt;- Etes-vous inséré dans la vie, ou bien avez-vous des problèmes qui vous en empêchent ?&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-weight: bold;"&gt;-Patrice Maltaverne:&lt;/span&gt; Non, je suis plutôt mal inséré dans la vie. Mais depuis que j’écris, je sais que c’est à cause de l’écriture.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-weight: bold;"&gt;-Christian Edzyré Déquesnes:&lt;/span&gt; Inséré dans la grande perte du monde, OUI ! Comme tout un chacun.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;strong&gt;- Charles Pennequin:&lt;/strong&gt; J’ai imaginé une scène, hier, dans le train. Je prends le TGV souvent, et c’est souvent que je vois des gens passer dans les couloirs avec des valises énormes. Elles sont faites pour passer tout juste entre les allées. Souvent, il y a des femmes qui les poussent et je me demande vraiment pourquoi elles s’embarquent avec des trucs que forcément elles n’arrivent pas à porter (Je tiens à tirer la sonnette d’alarme d’ailleurs, quitte à casser des vitres ouvertes, mais je trouve qu’il y a à ce titre un réel –on est dans la réalité hein ? - abus de galanterie dans le train, et moi j’ai décidé de faire grève, de pas me bouger le cul et me lever pour dire : « vous voulez que je vous aide à porter cette valise ? parce que justement, il y a de l’abus et ce n’est pas sain de « soutenir » ces comportements irresponsables de voyageurs). Et donc, j’ai pensé qu’en fait j’allais réaliser une scène où une femme débarque avec un cercueil dans le train. Un gros et beau cercueil, avec le mari mort dedans et qu’elle pousse le cercueil dans l’allée. Alors, bien sûr, on pourra filmer cette scène où de gentils messieurs (des cadres qui lisaient tranquillement le TGV magazine) lui porte secours pour mettre le cercueil dans les bagages. Du coup, il y aura un plan où plusieurs de ces messieurs décident de retirer le mort le temps de monter le cercueil, ils le placent sur un siège resté vide, le type tombe à moitié, on le redresse et pendant ce temps les types s’occupent à ranger, avec difficulté, le cercueil dans le compartiment bagage. Tout ça pour dire que lorsque j’entends le mot « s’insérer », je pense à une boîte et donc je me rappelle que je dois faire ce court métrage un de ces jours (j’ai aussi une autre idée, à partir du Messie qui passerait en moto, cloué sur sa moto, comme allongé, filant à travers la haie d'honneur de ses fidèles et à un moment donné il se prend un platane, et là on a notre saint suaire moderne, avec la trace des pneus que l’on conserverait et le bitume qui a porté la bonne parole à plus de 300 km à l’heure – Jésus établissant bien sûr un nouveau record de vitesse.)&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-weight: bold; color: rgb(204, 0, 0);"&gt;- Combien de mots en moyenne par jour?&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-weight: bold;"&gt;-Patrice Maltaverne:&lt;/span&gt; Tout dépend du nombre de maux. S’il n’y en a pas, je n’écris pas. S’il y en a peu et des pas graves, j’écris une dizaine de poèmes de quinze vers. S’il y a des gros maux, alors là, je n’écris plus.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-weight: bold;"&gt;-Christian Edzyré Déquesnes:&lt;/span&gt; TROP !&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;strong&gt;- Charles Pennequin:&lt;/strong&gt; Parfois je ne parle pas de la journée, ça m’arrive, je ne sort pas un mot. Mais il y a des mots qui rentrent, ça arrive, parfois rien qui rentre et qui sort. Mais c’est rare. Là j’ai Westen Gold devant moi. Straight Old Kentucky. Bourbon Whiskey Based on Best American Grain Pure Water And The Knowledge Of Experienced Distillers. 70 cl. 22 mots en 41 secondes d’une journée moyenne de consommation de mots.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-weight: bold; color: rgb(204, 0, 0);"&gt;- Le livre dont vous rêvez mais que vous n’oserez jamais écrire ?&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-weight: bold;"&gt;-Patrice Maltaverne:&lt;/span&gt; Un livre sur les mystères de la nature, si beau qu’il n’aurait besoin ni d’histoire ni de héros pour que soit évité l’ennui du lecteur.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-weight: bold;"&gt;-Christian Edzyré Déquesnes:&lt;/span&gt; Franchement, là, je n'ai rien à répondre surtout que la question ne m'intéresse aucunement.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;strong&gt;- Charles Pennequin: &lt;/strong&gt;Je répète, la littérature ne me fait pas rêver. J’ai rêvé cette nuit d’une relation avec une fille, mais avec un livre non.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-weight: bold; color: rgb(204, 0, 0);"&gt;- Quel rapport entretient votre écriture avec le quotidien?&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-weight: bold;"&gt;-Patrice Maltaverne:&lt;/span&gt; Un rapport d’évitement constant. Ainsi, lorsque je parle du quotidien, je souhaite toujours qu’il ne s’agisse pas du mien parce que sinon c’est trop facile.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-weight: bold;"&gt;-Christian Edzyré Desquène:&lt;/span&gt; Un rapport sexué.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;strong&gt;- Charles Pennequin&lt;/strong&gt;: un rapport délicat, au bord de la séparation constante. Je n'en sais rien. Le quotidien est un monde qui tue tout, et moi je baigne dedans. Après, il y a l'écriture qui est une décision,&lt;br /&gt;un moment décisif, mais tous les moments de la vie ne sont pas décisifs et il faut vivre là-dedans, et plus on écrit et plus on prend conscience que l'on ne vit quasi que dans des moments non décisifs.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-weight: bold; color: rgb(204, 0, 0);"&gt;- Avez-vous le sentiment de bien vous comporter avec les gens en général et avec vos parents en particulier ?&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-weight: bold;"&gt;- Patrice Maltaverne:&lt;/span&gt; Avec les gens en général, heureusement qu’il y a l’écriture parce que sinon ça serait pire. Avec mes parents, c’est une histoire de distances.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-weight: bold;"&gt;-Christian Edzyré Déquesnes:&lt;/span&gt; Non ! Je me trouve toujours avec ce curieux sentiment d'être dans un train d'avance... parfois en retard... enfin, jamais vraiment dans le bon train.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;strong&gt;- Charles Pennequin:&lt;/strong&gt; Mes parents littéraires ou mes parents d’adoption ou mes parents naturels ou trafiqués ou légitimes ? Les gens en général. J’aime bien la formule les gens en général. Je préfère les gens en général au général des gens. Je suis d’ailleurs en train d’écrire un livre « comment tuer Sarkozy ». Et du coup, avec les enfants on a imaginé quelle serait la meilleure manière de se débarasser de chaque membre de la famille. Par exemple, mon ex belle mère : en lui faisant manger ses conserves périmées. Ensuite, on remplace le nom de la grand mère par celui du président de la République.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-weight: bold; color: rgb(204, 0, 0);"&gt;- Y a-t-il des choses indicibles en littérature?&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-weight: bold;"&gt;- Patrice Maltaverne:&lt;/span&gt; Il n’y a que des choses indicibles en littérature. Sinon, ce n’est plus de la littérature.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-weight: bold;"&gt;-Christian Edzyré Déquesnes:&lt;/span&gt; En littérature, oui ! En poésie, non ! Mais attention ! Ce n'est qu'un avis et en plus le mien.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;strong&gt;- Charles Pennequin:&lt;/strong&gt; Les questions les questions les questions&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-weight: bold; color: rgb(204, 0, 0);"&gt;- La musique à écouter en vous lisant?&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-weight: bold;"&gt;-Patrice Maltaverne:&lt;/span&gt; Une musique torturée de préférence : du style, symphonie de Mahler qui va mal (elles vont toutes mal), pour les classiques, ou vieil album de Skinny Puppy, pour les rockers pas très rockers, Too dark park par exemple.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-weight: bold;"&gt;-Christian Edzyré Déquesnes:&lt;/span&gt; Les enregistrements de Skip James en 1931 à Grafton, Wisconsis (et là, je suis trés sérieux.)&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;strong&gt;- Charles Pennequin:&lt;/strong&gt; Tué mon amour, CD fait avec Jean-François Pauvros, qui vient de sortir chez Trace Label.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-weight: bold; color: rgb(204, 0, 0);"&gt;- Donneriez-vous 10 000 vies contre celle d’un écrivain ?&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-weight: bold;"&gt;-Patrice Maltaverne:&lt;/span&gt; Tout dépend de quoi sont faites ces 10 000 vies. S’il s’agit de gens qui n’écrivent pas, je ne donne pas les 10 000 vies. S’il s’agit d’hommes politiques, de militaires, de policiers, de grands patrons tout petits, j’en donne une infinité et je paye la rançon pour avoir un seul écrivain inoffensif en échange.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-weight: bold;"&gt;-Christian Edzyré Déquesnes:&lt;/span&gt;Non ! Car seulement les poétes m'intéressent.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;strong&gt;- Charles Pennequin:&lt;/strong&gt; Eh bien, je donnerais bien la rentrée littéraire déjà, la foutre au tas, établir un service de traitement des déchets particulier à cette période, où on mettrait des immenses poubelles au sortir des librairies avec le slogan : « Lisez-le ou pas, en tout cas jetez-le. » Toute ce flux là de consommation je donne pour une petite, toute petite prise de conscience politique de ces gens qui se remplissent les fouilles ou non, en tout cas qui participent à un mensonge insupportable. Un écrivain, un artiste, un philosophe, un type culturellement et politiquement concerné qui se conduit comme un industriel est bon à foutre au tas.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-weight: bold; color: rgb(204, 0, 0);"&gt;- Y a-t-il une éthique dans vos textes ou bien seulement une démarche esthétique?&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-weight: bold;"&gt;-Patrice Maltaverne:&lt;/span&gt; Pas de démarche esthétique sans éthique, même étique : celle du contre, en tous points salutaire, me semble t-il.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-weight: bold;"&gt;-Christian Edzyré Déquesnes:&lt;/span&gt; La démarche esthétique pouvant être éthique !!!?? ...Alors là, je prend mon joker !&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;-&lt;strong&gt; Charles Pennequin:&lt;/strong&gt; Une taquetaquetique.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-weight: bold; color: rgb(204, 0, 0);"&gt;- L’art c’est vraiment ce qui rend la vie plus intéressante que l’art ?&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-weight: bold;"&gt;- Patrice Maltaverne&lt;/span&gt;: J’adhère à 100% à cette définition, tant et si bien que je ne sais plus si l’art est du cochon ou pas.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-weight: bold;"&gt;-Christian Edzyré Déquesnes:&lt;/span&gt; Non ! C'est l'inverse : La vie rend l'art plus intéressant que la vie ! (là, je suis formel.)&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;strong&gt;- Charles Pennequin:&lt;/strong&gt; Oui. J’ai les preuves. Des gros dossiers à ce sujet, des dossiers qui se remplissent quotidiennement. Il y a le marché de l’art. Il y a les artistes. Il y a des types qui tentent de vivre. Il y a des types qui se demandent ce que c’est que vivre. Il y a des « gens » qui se demandent pourquoi on les a foutu dans la vie. Il y en a qui d’un coup, se demandent qui, qui au juste dans leur entourage n’a pas loupé l’occasion de lui annoncer qu’il allait mourir. Car ce jour-là arrive, tôt ou tard. J’ose prétendre pour ma part qu’il n’y a pas un artiste qui a survécu à la vie. C’est déjà le signe qu’il y a quelque chose qui cloche dans l’art.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-weight: bold;"&gt;&lt;span style="color: rgb(204, 0, 0);"&gt;- D’où viennent les phrases qui finissent dans vos livres ?&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-weight: bold;"&gt;-Patrice Maltaverne:&lt;/span&gt; D’une usine de retraitement de déchets auditifs qui transforme des idioties prononcées quotidiennement en quelque chose de plus bizarre et de tout aussi idiot.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-weight: bold;"&gt;-Christian Edzyré Déquesnes:&lt;/span&gt; ... d'un don des cieux.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;-&lt;strong&gt; Charles Pennequin:&lt;/strong&gt; Elles ne finissent pas. Le texte n’est pas un produit fini, les mots sortent, même si il y a l’objet livre.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-weight: bold; color: rgb(204, 0, 0);"&gt;- Peut-on parler de public en littérature?&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-weight: bold;"&gt;- Patrice Maltaverne:&lt;/span&gt; Oui, bien sûr, sauf que ce public, peu importe son petit nombre, doit rester privé, c’est à dire contenu hors d’un même espace. En effet, les réactions des personnes ont tendance à se dénaturer une fois passé le cap de leur révélation.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-weight: bold;"&gt;-Christian Edzyré Déquesnes:&lt;/span&gt; Oui ! Puisqu'il y a en a qui l'achétent".&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;strong&gt;- Charles Pennequin:&lt;/strong&gt; Entertainement. Exploitation. Salles. Merchandising. Fan club. Foule en délire. Success story. Hôtels minables. Produits dérivés. Tout dire. On peut tout dire !&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-weight: bold; color: rgb(204, 0, 0);"&gt;- Trois personnes qui ont nourri votre imaginaire?&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-weight: bold;"&gt;- Patrice Maltaverne:&lt;/span&gt; Jules Verne, sans doute parce qu’il était fou de géographie, contrairement à moi, Raymond Roussel à sa suite, parce que la combinatoire formelle l’a bien fait délirer, Jack London, parce qu’il était capable d’écrire des histoires de durs.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-weight: bold;"&gt;-Christian Edzyré Déquesnes:&lt;/span&gt;-Steve McQueen.&lt;br /&gt;-Arno Hintjens.&lt;br /&gt;-Le roi Arthur et sa belle Excvalibur.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;strong&gt;- Charles Pennequin:&lt;/strong&gt; Bibi, mon binôme et dedans ? (mais aussi la ville, le trou, coco et les bobines). Je plaisante ! mais c’est pour dire que je n’ai pas d’imaginaire, pour le préciser encore… enfin, je m’en fous en réalité. J’ai sans doute un imaginaire, tout comme un bêtisier aussi, tout comme des phantasmes, des envies de me goinfrer aussi j’ai. Pour le ventre, ça je pourrai dire, oui, il y a des gens qui m’ont nourris et bien, et puis j’aime bien boire des coups avec des copains. Mais l’imaginaire qu’il aille mendier ailleurs, ici on nourrit pas les mendiants, les traînes savates. Qu’il aille voir ailleurs si j’y suis l’imaginaire.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-weight: bold; color: rgb(204, 0, 0);"&gt;- Attendez-vous quelque chose de vos lecteurs ?&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-weight: bold;"&gt;- Patrice Maltaverne:&lt;/span&gt; De l’humain, nom de Zeus, de l’humain. Pour ceux qui ne comprennent pas ce que ça signifie, une bouteille de vin à vider paisiblement à plusieurs.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-weight: bold;"&gt;-Christian Edzyré Déquesnes:&lt;/span&gt; ... qu'ils me lisent avec une attention réelle.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;strong&gt;- Charles Pennequin:&lt;/strong&gt; Qu’ils me foutent la paix.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-weight: bold; color: rgb(204, 0, 0);"&gt;- Quel est l'intérêt d'un texte court?&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-weight: bold;"&gt;-Patrice Maltaverne:&lt;/span&gt; Qu’il soit court.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-weight: bold;"&gt;-Christian Edzyré Déquesnes:&lt;/span&gt; Si il est vraiment réussi, donc poétique, qu'il fasse gerber tous ces auteurs de romans -trop longs- qui me gavent.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;strong&gt;- Charles Pennequin:&lt;/strong&gt; C’est comme le micro onde, l’emmerdement n’est pas à son maximal, donc je sais pas, c’est bien un texte court, mais ça n’a aucun intérêt parfois, Ponge ça c’est du texte court oui, mais il n’est pas court en fait. C’est tout un temps qui est dedans, pressurisé, compressé. Walser c’est ça. Tarkos aussi il y a des textes courts, bien. Mais ça provoque non pas l’arrêt mais un possible échappement, une possibilité de continuation infinie. La poésie c’est la possibilité d’un air neuf toujours. Le texte court poétique c’est ça. c’est comme un aphorisme. L’aphorisme « Il avait donné un nom à chacune de ses pantoufles » (je le cite de mémoire !) de Lichtenberg, ne provoque pas que l’hilarité, ça ouvre tout un monde. Du coup, ça peut ouvrir à l’innommable de Beckett (texte long), par exemple, ou Thomas Bernhard. La fuite est sans cesse renouvelée rien que par la farce d’avoir voulu faire court et que ça en dit long.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-weight: bold; color: rgb(204, 0, 0);"&gt;- Qu'attendez-vous de la vie, en définitive ?&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-weight: bold;"&gt;- Patrice Maltaverne:&lt;/span&gt; Qu’elle ne me transforme pas en serpillière de larmes face à un écran télé.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-weight: bold;"&gt;-Christian Edzyré Déquesnes:&lt;/span&gt; QUE JE LUI FICHE LA PAIX &amp;amp; QU'ELLE ME ME LE RENDE BIEN !&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;strong&gt;- Charles Pennequin:&lt;/strong&gt; Pourquoi « en définitive » ? Je m’interroge sur ces questions, sont-elles faites pour énerver exprès, à ajouter des petites expressions, des petites fins de phrases comme ça, qui nous foutent mal, ou c’est vraiment écrit de manière innocente ? je me permets d’en douter ! Je pourrais dire « qu’attend-elle de moi », mais c’est navrant comme réponse. Je n’ai rien à dire, à chaque instant je me demande ce que je fous là, depuis tout à l’heure je n’ai pas touché au Western Gold Straight Old Kentucky Bourbon Whiskey. Bon, c’est pas un fameux alcool, mais moi ça me va là, avec des cacahuettes (hmmm, des cacahuettes, Marge ! Oooooh ! Ooommmmer !).&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/5301258800169490235-2017307292305327216?l=reponsessauveesduvent.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://reponsessauveesduvent.blogspot.com/feeds/2017307292305327216/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.blogger.com/comment.g?blogID=5301258800169490235&amp;postID=2017307292305327216' title='0 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/5301258800169490235/posts/default/2017307292305327216'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/5301258800169490235/posts/default/2017307292305327216'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://reponsessauveesduvent.blogspot.com/2008/09/srie-n4.html' title='Série N°4'/><author><name>thomas</name><uri>http://www.blogger.com/profile/08692166618240911652</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='16' height='16' src='http://img2.blogblog.com/img/b16-rounded.gif'/></author><media:thumbnail xmlns:media='http://search.yahoo.com/mrss/' url='http://2.bp.blogspot.com/_prBH_EPl7u0/SNIXpD29POI/AAAAAAAAAfU/dEh0R9f5sJM/s72-c/IMG_1524.JPG' height='72' width='72'/><thr:total>0</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-5301258800169490235.post-4107815778279936184</id><published>2008-02-24T03:57:00.000-08:00</published><updated>2008-03-07T00:42:19.963-08:00</updated><title type='text'>Série N°3</title><content type='html'>&lt;a onblur="try {parent.deselectBloggerImageGracefully();} catch(e) {}" href="http://bp3.blogger.com/_prBH_EPl7u0/R8_cjLuWmiI/AAAAAAAAAQA/Gn3n9_mmsZ4/s1600-h/Sans+titre-1.jpg"&gt;&lt;img style="margin: 0px auto 10px; display: block; text-align: center; cursor: pointer;" src="http://bp3.blogger.com/_prBH_EPl7u0/R8_cjLuWmiI/AAAAAAAAAQA/Gn3n9_mmsZ4/s400/Sans+titre-1.jpg" alt="" id="BLOGGER_PHOTO_ID_5174596993872730658" border="0" /&gt;&lt;/a&gt;&lt;span style="font-weight: bold;"&gt;                            photos Dimitri Vazemsky, Eric Dejaeger, Fanny Chiarello&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="color: rgb(153, 0, 0);"&gt;Vous êtes invité à une soirée où vous ne connaissez personne. Tout le monde semble d'ailleurs vous ignorer. Quelle sera votre attitude ?&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-weight: bold;"&gt;Fanny Chiarello&lt;/span&gt;: Je dis que j’ai mal au ventre et je rentre chez moi. Je me sens vite encombrante, c’est mauvais pour mon moral – mon bonsaï.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-weight: bold;"&gt;Eric Dejaeger: &lt;/span&gt;Que voudriez-vous que j’aille faire dans une soirée où je ne connais personne ? Je ne vais déjà pas à celles où je connais des gens !&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-weight: bold;"&gt;Dimitri Vazemsky:&lt;/span&gt; Je sors, qu’importe si un rayon me blesse…&lt;br /&gt;&lt;span style="font-weight: bold; color: rgb(153, 0, 0);"&gt;&lt;br /&gt;Quel est votre mère en littérature (c’est à dire l’auteur qui vous a bercé et mis au monde, homme ou femme peu importe) ? et quel est votre père (c’est à dire l’auteur que vous rêvez de tuer, pour prendre sa place) ?&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-weight: bold;"&gt;Fanny Chiarello&lt;/span&gt;: Ma mère en littérature, c’est le papier. J’ai toujours lu de tout : depuis toute petite je crois qu’au fond, ce que j’aime, c’est ça, c’est le papier. Quant à la notion de père, elle ne convient pas à ma façon de concevoir les choses, parce que je n’aime pas l’idée de prendre la place de qui que ce soit : il y a tant de places libres qui n’attendent que des fesses.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-weight: bold;"&gt;Eric Dejaeger:&lt;/span&gt; a) L’auteur dont j’ai lu le plus de livres est sans cont&lt;span style="font-family: arial;"&gt;este Henri Vernes, quand j’étais adolescent. b) Je m’abstiens : je ne voudrais pas passer pour un tueur en série.&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-weight: bold;"&gt;Dimitri Vazemsky: &lt;/span&gt;Oui-Oui (&amp;amp; la Gomme Magique), en "mère" assurément.Quant au père à tuer : Moi. Et renaître. Fils. Puis père. A tuer de nouveau. Sans procrastination. Et renaître, fils...&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-weight: bold; color: rgb(204, 0, 0);"&gt;Dans une cave vous trouvez une lampe-torche pourrie. Vous poussez l'interrupteur sur on, comme ça pour voir, et hop un génie pourri sort de là en produisant un petit nuage soufré. Il vous dit "bon m&lt;br /&gt;ec je tiens pas trop la forme ces temps-ci, alors ok t'as le droit de faire un vœu mais vas-y mollo et me gonfle pas avec des trucs tirés par les cheveux, d'ailleurs je vais te cadrer tout de suite , voilà les deux possibilités que je te donne, soit tu deviens un écrivain aussi célèbre que Colum McCann, soit tu te retrouves pété de tunes, à plus savoir combien exactement, style quatre milliards de dollars, alors tu choisis quoi mec ?"&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-weight: bold;"&gt;Fanny Chiarello&lt;/span&gt;: Quatre milliards de dollars. Je m’achète un peignoir de bain en éponge moelleux comme une moquette de Plaza, j’écris en peignoir. Je mets mes textes en ligne, je mange du poulet rôti, de la frangipane, je visite Vancouver, Montréal, Anchorage, Los Angeles, New York, la Nouvelle Orléans, Apalachicola, j’embauche une équipe médicale, je vais chez le coiffeur tous les mois, et si vous avez besoin de quoi que ce soit, je vous fais un petit chèque.&lt;br /&gt;&lt;span&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-weight: bold;"&gt;Eric Dejaeger:&lt;/span&gt; Comme je ne connais pas Colum McCann (écrivain célèbre ?), je choisis le fric. J’aurais de toute façon choisi le fric pour avoir le temps d’écrire de meilleurs livres.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-weight: bold;"&gt;Dimitri Vazemsky&lt;/span&gt;: L’argent, je connais pas Column Mc Cann… mais il a un nom à écrire des thrillers, et au moins avec l’argent j’ai le temps de faire autre chose que d’écrire des best-sellers.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;/span&gt;&lt;span style="font-weight: bold;"&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="color: rgb(204, 0, 0);"&gt;Où la réalité se cache t-elle?&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-weight: bold;"&gt;Fanny Chiarello&lt;/span&gt;: Je ne pense pas du tout qu’elle se cache. Si elle en donne parfois l’impression, c’est peut-être parce qu’on a du mal à la voir sous plusieurs angles à la fois. J’aime bien qu’il en existe tant de différents systèmes d’interprétation – philosophiques, religieux, scientifiques ou loufoques – et je pense qu’ils sont tous justes à leur manière, comme des poèmes.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-weight: bold;"&gt;Eric Dejaeger:&lt;/span&gt; Dans un calcif cartonné.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-weight: bold;"&gt;Dimitri Vazemsky&lt;/span&gt;: Derrière l’image.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-weight: bold; color: rgb(204, 0, 0);"&gt;Etes-vous inséré dans la vie, ou bien avez-vous des problèmes qui vous en empêchent ?&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-weight: bold;"&gt;Fanny Chiarello&lt;/span&gt;: Je mange, je bois, je fume, je me vêts, j’achète des disques et des livres, j’aime bien être au chaud. C’est un peu un problème. Sinon, je serais sans doute vautrée sur un banc, et j’assisterais au spectacle de la lumière jusqu’à oublier que je suis incarnée. Et alors, le mot « inséré » ne m’évoquerait rien de bien valable.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-weight: bold;"&gt;Eric Dejaeger:&lt;/span&gt; Je suis sociablement asocial.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-weight: bold;"&gt;Dimitri Vazemsky:&lt;/span&gt; Inséré. Assurément. A chaque battement…&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-weight: bold; color: rgb(204, 0, 0);"&gt;Combien de mots en moyenne par jour?&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-weight: bold;"&gt;Fanny Chiarello&lt;/span&gt;: Toujours beaucoup plus de mots dans la tête que sur le papier ou le fichier Word, des mots aussi volatils que flamboyants d’évidence (si mon souvenir est bon).&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-weight: bold;"&gt;Eric Dejaeger:&lt;/span&gt; Des gros ? Pas mal... Des minces ? De zéro à douze pages.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-weight: bold;"&gt;Dimitri Vazemsky&lt;/span&gt;: La moyenne implique un grand écart que je ne saurai faire...&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-weight: bold; color: rgb(204, 0, 0);"&gt;Le livre dont vous rêvez mais que vous n’oserez jamais écrire ?&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-weight: bold;"&gt;Fanny Chiarello&lt;/span&gt;: Si je ne l’écris jamais, ce ne sera pas faute d’avoir osé mais sans doute d’avoir réussi – je verrai bien. J’adorerais écrire un pavé qui décrirait la fin du monde d’une manière apaisante.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-weight: bold;"&gt;Eric Dejaeger:&lt;/span&gt; Jusqu’ici, j’ai toujours écrit ce que j’avais envie (ou rêvé) d’écrire.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-weight: bold;"&gt;Dimitri Vazemsky: &lt;/span&gt;Si je le rêve, je le fais. Osons diantre! A chaque battement!&lt;br /&gt;&lt;span&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="color: rgb(204, 0, 0); font-weight: bold;"&gt;Quel rapport entretient votre écriture avec le quotidien?&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-weight: bold;"&gt;Fanny Chiarello&lt;/span&gt;: Très serré, le rapport. La lumière change et il faudrait presque que je recommence tout depuis le début. Et tout modifie la lumière – une chaussette à motif, une mise en plis ratée, un soda de discounter, tout.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-weight: bold;"&gt;Eric Dejaeger:&lt;/span&gt; Elle lui colle de fort près.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-weight: bold;"&gt;Dimitri Vazemsky:&lt;/span&gt; Des rapports amicaux, de traces posées allant jusqu’au dessin. Les mots posés sont des tâches de café sur la nappe, l’éclaboussement dû au sucre tombé dans la tasse. Le reste est silence.&lt;br /&gt;&lt;span style="font-weight: bold; color: rgb(204, 0, 0);"&gt;&lt;br /&gt;Avez-vous le sentiment de bien vous comporter avec les gens en général et avec vos parents en particulier ?&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-weight: bold;"&gt;Fanny Chiarello&lt;/span&gt;: Je suis un boulet mais je déborde d’amour et je suis perfectible à l’infini (comme tout le monde), si ça peut compenser.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-weight: bold;"&gt;Eric Dejaeger: &lt;/span&gt;Absolument ! J’ai été très bien élevé, faut pas croire. C’est juste qu’il ne faut pas me gonfler trop.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-weight: bold;"&gt;Dimitri Vazemsky:&lt;/span&gt; ”We are the makers of the manners” dixit Shakespeare. Je suis comme j’suis, dixit  Jacques. Mais, dans le fond, je suis social. Antisocial tu perds ton sang froid…&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-weight: bold; color: rgb(204, 0, 0);"&gt;Y'a t il des choses indicibles en littérature?&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-weight: bold;"&gt;Fanny Chiarello&lt;/span&gt;: Je crois que ça dépend du lecteur. Parfois, je lis une phrase qui me propulse dans la lumière pure de la vérité ou pas loin, et quand j’essaie de la partager avec des gens, ils disent hm-hm. L’inverse arrive tout aussi souvent : on me lit un truc comme s’il s’agissait du code secret de l’immortalité, et pour moi c’est juste de l’encre. Une citation. J’aimerais bien savoir qu’une personne a un jour, un instant, trouvé un code secret dans une de mes phrases, mais ça ne dépend pas de moi.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-weight: bold;"&gt;Eric Dejaeger:&lt;/span&gt; Pas que je sache vu qu’il y a des choses répugnantes à lire.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-weight: bold;"&gt;Dimitri Vazemsky: &lt;/span&gt;De l’illisible oui, mais de l’indicible non, n’est-il pas?&lt;br /&gt;&lt;span&gt;&lt;/span&gt;&lt;span style="font-weight: bold;"&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="color: rgb(204, 0, 0);"&gt;La musique à écouter en vous lisant?&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-weight: bold;"&gt;Fanny Chiarello&lt;/span&gt;: Ce n’est pas non plus à moi de le décider – je ne sers décidément pas à grand-chose. Quand je trouve des références musicales dans les textes des autres, je les relève avec une curiosité bienveillante, mais ensuite je les remplace mentalement par les miennes : celles qui collent le mieux avec l’atmosphère du texte telle que je la ressens.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-weight: bold;"&gt;Eric Dejaeger:&lt;/span&gt; Les frères Eno ? Liz Story ? Alex de Grassi ?&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-weight: bold;"&gt;Dimitri Vazemsky&lt;/span&gt;: Celle que j’écoutais en écrivant… Disons que tout à l’heure j’ai mis un trio de Schubert, et une boucle sur Camille de Georges Delerue. Mais aujourd’hui il pleut dehors…&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-weight: bold;"&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="color: rgb(204, 0, 0);"&gt;Donneriez-vous 10 000 vies contre celle d’un écrivain ?&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-weight: bold;"&gt;Fanny Chiarello&lt;/span&gt;: Des vies de rats ou de cafards, pourquoi pas. Phobies personnelles. Toutes mes excuses aux rats et aux cafards.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-weight: bold;"&gt;Eric Dejaeger: &lt;/span&gt;Rien à foutre de 10 000 vies. C’est déjà bien assez avec une, qu’on soit écrivain ou pas.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-weight: bold;"&gt;Dimitri Vazemsky:&lt;/span&gt; Pour l’instant je gère la mienne comme je peux…&lt;br /&gt;&lt;span style="font-weight: bold;"&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="color: rgb(204, 0, 0);"&gt;Y a-t-il une éthique dans vos textes ou bien seulement une démarche esthétique?&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-weight: bold;"&gt;Fanny Chiarello&lt;/span&gt;: Je sursaute toujours quand, au cours d’une conversation, je me surprends à énoncer des idées sur l’écriture. Parce que ça semble indiquer que j’en ai. Chaque fois, j’en reste stupéfaite ; mais ça n’arrive pas très souvent.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-weight: bold;"&gt;Eric Dejaeger:&lt;/span&gt; Ni l’une ni l’autre. J’écris par plaisir, égoïstement, en espérant que mes huit lecteurs en prennent un peu aussi.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-weight: bold;"&gt;Dimitri Vazemsky:&lt;/span&gt; Y’a une démarche, qui évite aux carrefours de prendre des directions tranchées avant.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-weight: bold; color: rgb(204, 0, 0);"&gt;&lt;br /&gt;L’art c’est vraiment ce qui rend la vie plus intéressante que l’art ?&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-weight: bold;"&gt;Fanny Chiarello&lt;/span&gt;: Je ne suis pas sensible à ce genre de phrase ; c’est au point que je n’ai même pas envie de me pencher sur l’idée. Jouer avec les mots, à mes yeux, c’est douteux. Sauf pour faire des vieilles blagues – vous connaissez celle-là ? Un ami me l’a envoyée par mail tout à l’heure :&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Mozart et Bach à la terrasse d'un bistrot. Arrive le garçon qui prend la commande :&lt;br /&gt;- Bach : un baby.&lt;br /&gt;- Mozart : un baby, comme Bach.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-weight: bold;"&gt;Eric Dejaeger:&lt;/span&gt; Je n’ai jamais confondu l’art avec une bonne trappiste bien fraîche dans un bistro sympa en face d’un pote qui se prend autant au sérieux que moi.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-weight: bold;"&gt;Dimitri Vazemsky: &lt;/span&gt;Et la vie, toujours, a un train d’avance… Mais l’art fait tourner le hamster dans sa cage cérébrale, ça aère l’odeur de copeaux imbibes, de sciurine.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-weight: bold; color: rgb(204, 0, 0);"&gt;D’où viennent les phrases qui finissent dans vos livres ?&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-weight: bold;"&gt;Fanny Chiarello&lt;/span&gt;: De chansons en anglais, de fins de soirée, de longues confrontations avec la lumière, les canards, le silence, les cheveux.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-weight: bold;"&gt;Eric Dejaeger:&lt;/span&gt; De ma p’tite tête, je pense.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-weight: bold;"&gt;Dimitri Vazemsky:&lt;/span&gt; Du moment choisi pour les écrire et du corps qui s’y colle.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-weight: bold; color: rgb(204, 0, 0);"&gt;Peut-on parler de public en littérature?&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-weight: bold;"&gt;Fanny Chiarello&lt;/span&gt;: J’avais mal lu ! J’avais lu : « Peut-on parler de littérature en public ? » Et j’allais répondre, « Vous n’avez rien de plus fun à faire le samedi après-midi ? » Parce que ce serait un samedi après-midi, non ?&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-weight: bold;"&gt;Eric Dejaeger:&lt;/span&gt; Pourquoi pas ? J’ai assisté à des concerts où le public se limitait à vingt personnes et c’était de la musique.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-weight: bold;"&gt;Dimitri Vazemsky:&lt;/span&gt; On évitera…&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-weight: bold; color: rgb(204, 0, 0);"&gt;Trois personnes qui ont nourri votre imaginaire?&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-weight: bold;"&gt;Fanny Chiarello&lt;/span&gt;: Si je dis « alimenté » et pas « nourri », vous sentez une nuance ? Parce que moi, oui, mais parfois je sens des nuances qui n’existent pas – c’est plutôt embêtant, pour quelqu’un qui écrit. Je dirais que Capra, Brautigan et Coupland ont nettement alimenté certains aspects de mon imaginaire.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-weight: bold;"&gt;Eric Dejaeger:&lt;/span&gt; Chimay Bleue encore aujourd’hui et, jadis, Haig et Casanis. J’ai laissé tomber les deux mâles.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-weight: bold;"&gt;Dimitri Vazemsky:&lt;/span&gt; Shakespeare, Hugo, Yves Klein. (Hic et nunc)&lt;br /&gt;&lt;span style="font-weight: bold; color: rgb(204, 0, 0);"&gt;&lt;br /&gt;Attendez-vous quelque chose de vos lecteurs ?&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-weight: bold;"&gt;Fanny Chiarello&lt;/span&gt;: Qu’ils deviennent mes amis. Qu’on aille boire des verres tous ensemble. Qu’ils s’aiment les uns les autres, se téléphonent et s’offrent des friandises. Ce que certains d’entre eux font.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-weight: bold;"&gt;Eric Dejaeger: &lt;/span&gt;Bien sûr !&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-weight: bold;"&gt;Dimitri Vazemsky:&lt;/span&gt; Non. La littérature est une auberge espagnole.&lt;br /&gt;Mais il y fait chaud quand ça plait.&lt;br /&gt;&lt;span style="font-weight: bold; color: rgb(204, 0, 0);"&gt;&lt;br /&gt;Quel est l'intérêt d'un texte court?&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-weight: bold;"&gt;Fanny Chiarello&lt;/span&gt;: La conscience n’a pas qu’un flux, elle a aussi des sursauts, des éclairs, des étincelles. Pour cette seconde catégorie, rien de tel qu’un texte court. Ce que je préfère en littérature, c’est peut-être bien les digressions : des textes courts à l’intérieur des romans, comme des scintillements à la surface d’un cours d’eau.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-weight: bold;"&gt;Eric Dejaeger: &lt;/span&gt;On n’a pas le temps de s’ennuyer en le lisant.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-weight: bold;"&gt;Dimitri Vazemsky:&lt;/span&gt; Sa brièveté.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-weight: bold; color: rgb(204, 0, 0);"&gt;Qu'attendez-vous de la vie, en définitive ?&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-weight: bold;"&gt;Fanny Chiarello&lt;/span&gt;: Qu’elle me dise ce qu’elle est venue foutre chez nous si c’est pour ne pas rester.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-weight: bold;"&gt;Eric Dejaeger:&lt;/span&gt; Une paix royale.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-weight: bold;"&gt;Dimitri Vazemsky: &lt;/span&gt;Rien.&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/5301258800169490235-4107815778279936184?l=reponsessauveesduvent.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://reponsessauveesduvent.blogspot.com/feeds/4107815778279936184/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.blogger.com/comment.g?blogID=5301258800169490235&amp;postID=4107815778279936184' title='1 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/5301258800169490235/posts/default/4107815778279936184'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/5301258800169490235/posts/default/4107815778279936184'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://reponsessauveesduvent.blogspot.com/2008/02/srie-n3.html' title='Série N°3'/><author><name>thomas</name><uri>http://www.blogger.com/profile/08692166618240911652</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='16' height='16' src='http://img2.blogblog.com/img/b16-rounded.gif'/></author><media:thumbnail xmlns:media='http://search.yahoo.com/mrss/' url='http://bp3.blogger.com/_prBH_EPl7u0/R8_cjLuWmiI/AAAAAAAAAQA/Gn3n9_mmsZ4/s72-c/Sans+titre-1.jpg' height='72' width='72'/><thr:total>1</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-5301258800169490235.post-1316831248137582000</id><published>2007-09-25T02:29:00.000-07:00</published><updated>2010-10-15T23:36:35.191-07:00</updated><title type='text'>Série n° 1</title><content type='html'>&lt;a href="http://bp2.blogger.com/_prBH_EPl7u0/Rvyuz91N5lI/AAAAAAAAADg/-9dUeN00sDc/s1600-h/vinauflahautlabedan.jpg" onblur="try {parent.deselectBloggerImageGracefully();} catch(e) {}"&gt;&lt;img alt="" border="0" id="BLOGGER_PHOTO_ID_5115155484580374098" src="http://bp2.blogger.com/_prBH_EPl7u0/Rvyuz91N5lI/AAAAAAAAADg/-9dUeN00sDc/s400/vinauflahautlabedan.jpg" style="cursor: pointer; float: right; margin: 0pt 0pt 10px 10px;" /&gt;&lt;/a&gt;&lt;span style="color: #993300;"&gt;&lt;strong&gt;&lt;span style="font-family: georgia;"&gt;&lt;span style="color: black; font-weight: normal;"&gt;de gauche à droite: thomas vinau, jean marc Flahaut et Daniel Labedan&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;- Vous êtes invité à une soirée où vous ne connaissez personne. Tout le monde semble d'ailleurs vous ignorer. Quelle sera votre attitude ?&lt;/span&gt;&lt;/strong&gt;&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-weight: bold;"&gt;Dan Labedan: &lt;/span&gt;&lt;span style="color: black;"&gt;je ne vais plus dans les soirées, il n'y a pas assez d'intimité et puis en général là-dedans on passe son temps à essayer de séduire son voisin avec des artifices vestimentaires ou bien des réparties spirituelles. Pour ma part je n'ai aucun esprit et je suis aussi magnétique qu'une vieille chaussure.&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-weight: bold;"&gt;&lt;br /&gt;Thomas Vinau&lt;/span&gt;: Je m'assois dans un coin, je bois et j'observe les gens qui s'amusent&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-weight: bold;"&gt;Jean Marc Flahaut:&lt;/span&gt; Je raconte une anecdote à propos du tournage de Massacre à la tronçonneuse et tout le monde s’arrête pour m’écouter religieusement. Même les plus croyants.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="color: #993300;"&gt;&lt;strong&gt;- Quel est votre mère en littérature (c’est à dire l’auteur qui vous a bercé et mis au monde, homme ou femme peu importe) ? et quel est votre père (c’est à dire l’auteur que vous rêvez de tuer, pour prendre sa place) ? &lt;/strong&gt;&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="color: #993300;"&gt;&lt;strong&gt;&lt;/strong&gt;&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-weight: bold;"&gt;Dan Labedan:&lt;/span&gt; Pour la mère : Enid Blyton. Pour le père : aucun.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-weight: bold;"&gt;Thomas Vinau:&lt;/span&gt; Richard Brautigan pour la mère et Jim Harrisson pour le père&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-weight: bold;"&gt;Jean Marc Flahaut:&lt;/span&gt; J’ai déjà un père et une mère.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="color: #993300;"&gt;&lt;strong&gt;&lt;span style="font-family: georgia;"&gt;- Dans une cave vous trouvez une lampe-torche pourrie. Vous poussez l'interrupteur sur on, comme ça pour voir, et hop un génie pourri sort de là en produisant un petit nuage soufré. Il vous dit "bon mec je tiens pas trop la forme ces temps-ci, alors ok t'as le droit de faire un voeu mais vas-y mollo et me gonfle pas avec des trucs tirés par les cheveux, d'ailleurs je vais te cadrer tout de suite , voilà les deux possibilités que je te donne, soit tu deviens un écrivain aussi célèbre que Colum McCann, soit tu te retrouves pété de tunes, à plus savoir combien exactement, style quatre milliards de dollars, alors tu choisis quoi mec ?"&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="color: black; font-weight: normal;"&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-weight: bold;"&gt;Dan Labedan: &lt;/span&gt;&lt;span style="color: black;"&gt;Les quatre milliards de dollars bien sûr. On peut en faire des choses, avec ça.&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-weight: bold;"&gt;Thomas Vinau:&lt;/span&gt; Les quatre milliards, pour m’acheter une librairie ou une île et passer le reste de ma vie à écrire tranquillout.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-weight: bold;"&gt;Jean Marc Flahaut:&lt;/span&gt; J’avance plus loin dans la cave.&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-family: georgia;"&gt;- Où la réalité se cache t-elle?&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="color: black;"&gt;Dan Labedan:&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/strong&gt;&lt;/span&gt; Malheureusement la réalité ne se cache pas. C'est la poésie qui se cache, plutôt.&lt;br /&gt;&lt;span style="color: #993300;"&gt;&lt;strong&gt;&lt;span style="font-family: georgia;"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/span&gt;&lt;span style="color: black; font-weight: normal;"&gt;&lt;span style="font-weight: bold;"&gt;Thomas Vinau:&lt;/span&gt; Moi je crois aux détails, aux miettes.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-weight: bold;"&gt;Jean Marc Flahaut:&lt;/span&gt; Au fond des verres de saké.&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-family: georgia;"&gt;- Etes-vous inséré dans la vie, ou bien avez-vous des problèmes qui vous en empêchent ?&lt;/span&gt;&lt;/strong&gt;&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-weight: bold;"&gt;Dan Labedan: &lt;/span&gt;&lt;span style="color: black;"&gt;Je crois que choisir l'écriture ça n'est pas du tout un bon truc pour s'insérer.&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-weight: bold;"&gt;Thomas Vinau:&lt;/span&gt; Je suis en réinsertion permanente, ça répond à la question?&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-weight: bold;"&gt;Jean Marc Flahaut: &lt;/span&gt;Choisir l'écriture c'est choisir la marge.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-family: georgia;"&gt;&lt;/span&gt;&lt;span style="color: #993300;"&gt;&lt;strong&gt;- Combien de mots en moyenne par jour?&lt;/strong&gt;&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-weight: bold;"&gt;&lt;br /&gt;Dan Labedan: &lt;/span&gt;De plus en plus et bientôt de moins en moins.&lt;span style="font-weight: bold;"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/span&gt;&lt;span style="font-weight: bold;"&gt;Thomas Vinau:&lt;/span&gt; Aucune idée! Peu.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-weight: bold;"&gt;Jean Marc Flahaut :&lt;/span&gt; Moins que zéro, parfois.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="color: #993300;"&gt;&lt;strong&gt;&lt;span style="font-family: georgia;"&gt;-Le livre dont vous rêvez mais que vous n’oserez jamais écrire ?&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="color: #330033; font-weight: normal;"&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="color: black; font-weight: bold;"&gt;Dan Labedan:&lt;/span&gt;&lt;span style="color: black;"&gt; Je ne me suis jamais posé cette question : il me semble que je pourrais tout oser, mais peut-être suis-je conditionné pour répondre ça.&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="color: black; font-weight: bold;"&gt;Thomas Vinau:&lt;/span&gt;&lt;span style="color: black;"&gt; Une grande épopée d'aventure et de pirates&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="color: black; font-weight: bold;"&gt;Jean Marc Flahaut:&lt;/span&gt;&lt;span style="color: black;"&gt; La maison des feuilles, heureusement Mark Z. Danielewski l’a écrit pour moi&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;/span&gt;&lt;span style="font-family: georgia;"&gt;- Quel rapport entretient votre écriture avec le quotidien?&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="color: #330033; font-weight: normal;"&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="color: black; font-weight: bold;"&gt;Dan Labedan:&lt;/span&gt;&lt;span style="color: black;"&gt; bien que cela puisse sembler surprenant, mon écriture a très peu à voir avec le quotidien. Elle s'en inspire parfois, mais rarement.&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="color: black; font-weight: bold;"&gt;Thomas Vinau:&lt;/span&gt;&lt;span style="color: black;"&gt; Le même rapport qu'un boulimique complexé avec la nourriture&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="color: black; font-weight: bold;"&gt;Jean Marc Flahaut:&lt;/span&gt;&lt;span style="color: black;"&gt; Un rapport de force.&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;/span&gt;&lt;span style="font-family: georgia;"&gt;- Avez-vous le sentiment de bien vous comporter avec les gens en général et avec vos parents en particulier ?&lt;/span&gt;&lt;/strong&gt;&lt;/span&gt;&lt;span style="font-weight: bold;"&gt;&lt;br /&gt;Dan Labedan: &lt;/span&gt;&lt;span style="color: black;"&gt;Disons que j'apprends tous les jours à me comporter mieux mais parfois j'oublie les acquis.&lt;/span&gt;&lt;span style="font-weight: bold;"&gt;&lt;br /&gt;Thomas Vinau:&lt;/span&gt; Non&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-weight: bold;"&gt;Jean Marc Flahaut:&lt;/span&gt; J’essaye de rentrer chez moi la tête haute un jour sur deux.&lt;br /&gt;&lt;span style="color: #993300;"&gt;&lt;strong&gt;&lt;br /&gt;-Y'a t il des choses indicibles en littérature?&lt;/strong&gt;&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-weight: bold;"&gt;Dan Labedan: &lt;/span&gt;Oui, des choses qui ont à voir avec la douleur. Mais je préfère ne pas développer.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-weight: bold;"&gt;Thomas Vinau:&lt;/span&gt; Les douleurs qui nous dépassent, les choses trop fraîches... Mais il y a surtout des choses illisibles.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-weight: bold;"&gt;Jean Marc Flahaut:&lt;/span&gt; Il faut bien que la musique et le cinéma servent à quelque chose, non ?&lt;br /&gt;&lt;span style="color: #993300;"&gt;&lt;strong&gt;&lt;span style="font-family: georgia;"&gt;&lt;br /&gt;- La musique à écouter en vous lisant?&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="color: #330033; font-weight: normal;"&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="color: black; font-weight: bold;"&gt;Dan Labedan: &lt;/span&gt;&lt;span style="color: black;"&gt;Pas de musique. Les bruits de la ville ou de la campagne, selon l'endroit où on se trouve.&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="color: black; font-weight: bold;"&gt;Thomas Vinau: &lt;/span&gt;&lt;span style="color: black;"&gt;Dakota Suite l'hiver et Al Green l'été&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="color: black; font-weight: bold;"&gt;Jean Marc Flahaut:&lt;/span&gt;&lt;span style="color: black;"&gt; &lt;/span&gt;&lt;span style="color: black;"&gt;Anthology of American folk Music, en boucle.&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;span style="font-family: georgia;"&gt;&lt;br /&gt;- Donneriez-vous 10 000 vies contre celle d’un écrivain ?&lt;/span&gt;&lt;/strong&gt;&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-weight: bold;"&gt;Dan Labedan:&lt;/span&gt; Non .&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-weight: bold;"&gt;Thomas Vinau:&lt;/span&gt;&lt;span style="color: black;"&gt; Sans hésitation non, ça ferait perdre 10 000 écrivains&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-weight: bold;"&gt;Jean Marc Flahaut: &lt;/span&gt;&lt;span style="color: black;"&gt;On trouve ça dans Une raison d’aimer la vie de Philippe Djian. Une nouvelle très étrange. Très années 80.&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="color: #993300;"&gt;&lt;strong&gt;- Y'a til une éthique dans vos textes ou bien seulement une démarche esthétique?&lt;/strong&gt;&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-weight: bold;"&gt;Dan Labedan:&lt;/span&gt; Un petit peu des deux j'espère.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-weight: bold;"&gt;Thomas Vinau:&lt;/span&gt; J'essaie de ne pas écrire de poésie à idées mais d'écrire avec des idées... en gros&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-weight: bold;"&gt;Jean Marc Flahaut:&lt;/span&gt; Il y avait une démarche éthylique jusqu’en 1993.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="color: #993300;"&gt;&lt;strong&gt;&lt;span style="font-family: georgia;"&gt;- L’art c’est vraiment ce qui rend la vie plus intéressante que l’art ?&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="color: #330033; font-weight: normal;"&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="color: black; font-weight: bold;"&gt;Dan Labedan:&lt;/span&gt;&lt;span style="color: black;"&gt; &lt;/span&gt;&lt;span style="color: black;"&gt;L'art est un truc flou, multiple, protéiforme, évolutif, il peut être sacrément chiant, formel, théorique, insincère, vaniteux, ou bien beau et bouleversant. Est-ce qu'à ce titre ça peut rendre la vie plus intéressante ? Peut-être. Sans doute. Oui oui, certainement.&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="color: black; font-weight: bold;"&gt;Thomas Vinau:&lt;/span&gt;&lt;span style="color: black;"&gt; Oui probablement, mais le contraire est vrai aussi, la vie est ce qui rend l’art plus intéressant que la vie et vice versa et l’inverse, enfin ch’sais plus.&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="color: black; font-weight: bold;"&gt;Jean Marc Flahaut: &lt;/span&gt;&lt;span style="color: black;"&gt;Parfois oui parfois non.&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-family: georgia;"&gt;- D’où viennent les phrases qui finissent dans vos livres ?&lt;/span&gt;&lt;/strong&gt;&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-weight: bold;"&gt;Dan Labedan: &lt;/span&gt;&lt;span style="color: black;"&gt;J'ai compris la question de travers : j'ai compris "d'où viennent les phrases qui finissent vos livres". Alors je réponds de travers : les phrases qui finissent mes livres viennent de leur milieu, parce que tout bonnement j'en supprime toutes les fins. J'adore laisser les trucs en suspens.&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-weight: bold;"&gt;Thomas Vinau:&lt;/span&gt; Elles naissent dans les cervicales des autres je crois&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-weight: bold;"&gt;Jean Marc Flahaut: &lt;/span&gt;De la table d’à côté.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="color: #993300;"&gt;&lt;strong&gt;- Peut on parler de public en littérature?&lt;/strong&gt;&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-weight: bold;"&gt;Dan Labedan: &lt;/span&gt;&lt;span style="color: black;"&gt;C'est une question étrange, qui me déroute totalement : si j'aime écrire c'est parce que j'ai un goût très prononcé pour la solitude et la contemplation. La notion de public, je ne la comprends pas vraiment dans le domaine de l'écrit. Non vraiment je ne sais pas, je ne peux pas répondre.&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-weight: bold;"&gt;Thomas Vinau:&lt;/span&gt; Je préfère dire lecteur, puisque chacun est seul quand il lit un truc (sur le net ou sur papier), mais dans le fond oui, ça doit être une forme de snobisme de ne pas vouloir utiliser ce terme, en tout cas l’essentiel est d’être lu.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-weight: bold;"&gt;Jean Marc Flahaut:&lt;/span&gt; Je préfère qu’on les appelle des lecteurs. En avoir, même un seul, me suffit amplement.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="color: #993300;"&gt;&lt;strong&gt;&lt;span style="font-family: georgia;"&gt;- Trois personnes qui ont nourri votre imaginaire?&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="color: #330033; font-weight: normal;"&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="color: black; font-weight: bold;"&gt;Dan Labedan:&lt;/span&gt;&lt;span style="color: black;"&gt; Enid Blyton je l'ai déjà citée plus haut, Maurice Leblanc, Tuxedomoon (dans l'ordre chronologique)&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="color: black; font-weight: bold;"&gt;Thomas Vinau&lt;/span&gt;&lt;span style="color: black;"&gt;: Robinson Crusoé, Blueberry et Richard Brautigan&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="color: black; font-weight: normal;"&gt;Je sais c’est pas très original, mais je ne suis pas très original&lt;span style="font-weight: bold;"&gt;.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Jean Marc Flahaut: &lt;/span&gt;Tous les personnages secondaires dans les aventures de Tintin avec une mention spéciale pour Wolff, le suicidé d’On a marché sur la lune. George en v.o ou Claude en v.f dans The Famous Five ( le club des cinq ). Et Peter Parker, bien évidemment. &lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-family: georgia;"&gt;- Attendez-vous quelque chose de vos lecteurs ?&lt;/span&gt; &lt;/strong&gt;&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-weight: bold;"&gt;Dan Labedan:&lt;/span&gt; Mes lecteurs sont des amis potentiels. Je n'en ai pas beaucoup. Ce que je leur demande avant tout : de la compréhension.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-weight: bold;"&gt;Thomas Vinau:&lt;/span&gt; La clémence qu’on a pour les bois tordus, une forme d'empathie.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-weight: bold;"&gt;Jean Marc Flahaut:&lt;/span&gt; Qu’ils hurlent mon nom sous ma fenêtre. Et ne se trompent pas de rue.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="color: #993300;"&gt;&lt;strong&gt;&lt;span style="font-family: georgia;"&gt;- Quel est l'intérêt d'un texte court?&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="color: #330033; font-weight: normal;"&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="color: black; font-weight: bold;"&gt;Dan Labedan: &lt;/span&gt;&lt;span style="color: black;"&gt;Il ne s'embarrasse pas du surplus descriptif habituel : chaque mot y est important et doit être à sa place. C'est à la fois une discipline et un exercice de style.&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="color: black; font-weight: bold;"&gt;Thomas Vinau:&lt;/span&gt;&lt;span style="color: black;"&gt; Il doir aller à l'essentiel. À l'os.&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/strong&gt;&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="color: #993300;"&gt;&lt;strong&gt;&lt;span style="color: black;"&gt;&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="color: black; font-weight: normal;"&gt;&lt;span style="font-weight: bold;"&gt;Jean Marc Flahaut:&lt;/span&gt; Il est plus sexy qu’un gros roman qui se traîne. &lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-family: georgia;"&gt;- Qu'attendez-vous de la vie, en définitive ?&lt;span style="color: #330033;"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/span&gt;&lt;span style="color: #330033; font-weight: normal;"&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-family: Times, &amp;quot;Times New Roman&amp;quot;, serif;"&gt;&lt;span style="color: black; font-weight: bold;"&gt;Dan Labedan: &lt;/span&gt;&lt;span style="color: black;"&gt;J'aimerais bien que ça continue un moment comme ça.&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="color: black; font-family: Times, &amp;quot;Times New Roman&amp;quot;, serif; font-weight: bold;"&gt;Thomas Vinau:&lt;/span&gt;&lt;span style="color: black;"&gt; &lt;span style="font-family: Times, &amp;quot;Times New Roman&amp;quot;, serif;"&gt;Qu'elle me donne les moyens d'en profiter&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-family: Times, &amp;quot;Times New Roman&amp;quot;, serif;"&gt;&lt;span style="color: black; font-weight: bold;"&gt;Jean Marc Flahaut:&lt;/span&gt;&lt;span style="color: black;"&gt; Un peu de rab&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;span style="color: #330033; font-weight: normal;"&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/strong&gt;&lt;/span&gt;&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/5301258800169490235-1316831248137582000?l=reponsessauveesduvent.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://reponsessauveesduvent.blogspot.com/feeds/1316831248137582000/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.blogger.com/comment.g?blogID=5301258800169490235&amp;postID=1316831248137582000' title='8 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/5301258800169490235/posts/default/1316831248137582000'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/5301258800169490235/posts/default/1316831248137582000'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://reponsessauveesduvent.blogspot.com/2007/09/thomas-vinau.html' title='Série n° 1'/><author><name>thomas</name><uri>http://www.blogger.com/profile/08692166618240911652</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='16' height='16' src='http://img2.blogblog.com/img/b16-rounded.gif'/></author><media:thumbnail xmlns:media='http://search.yahoo.com/mrss/' url='http://bp2.blogger.com/_prBH_EPl7u0/Rvyuz91N5lI/AAAAAAAAADg/-9dUeN00sDc/s72-c/vinauflahautlabedan.jpg' height='72' width='72'/><thr:total>8</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-5301258800169490235.post-5879883011862606728</id><published>2007-09-25T01:23:00.001-07:00</published><updated>2007-11-03T02:11:15.203-07:00</updated><title type='text'>Série 2</title><content type='html'>&lt;a onblur="try {parent.deselectBloggerImageGracefully();} catch(e) {}" href="http://bp0.blogger.com/_prBH_EPl7u0/Ryw7E-W76uI/AAAAAAAAAHM/wLAsOaTOBfg/s1600-h/suellahu.jpg"&gt;&lt;img style="margin: 0px auto 10px; display: block; text-align: center; cursor: pointer;" src="http://bp0.blogger.com/_prBH_EPl7u0/Ryw7E-W76uI/AAAAAAAAAHM/wLAsOaTOBfg/s320/suellahu.jpg" alt="" id="BLOGGER_PHOTO_ID_5128539032312867554" border="0" /&gt;&lt;/a&gt;                                                    Lucien Suel et Roger Lahu&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="color: rgb(153, 51, 0);"&gt;&lt;strong&gt;&lt;span style="font-family:georgia;"&gt;- Vous êtes invité à une soirée ou vous ne connaissez personne. Tout le monde semble d'ailleurs vous ignorer. Quelle sera votre attitude ?&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;/strong&gt;&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;Cristophe Siebert: - je me bourre la gueule et je drague les filles si je suis seul ; je me planque dans la salle de bain avec ma copine si je suis accompagné.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Roger Lahu: C’est quoi « une soirée » ? c’est qui « tout le monde » ? mais a priori no problem : souvent , tout seul , je m’ignore totalement .&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Lucien suel: Je me dirige vers le buffet, me nourris et m'abreuve en ouvrant la conversation avec les serveurs ou serveuses. Quand il n'y a plus rien et/ou que mon estomac est plein, je m'en vais sans saluer personne.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="color: rgb(153, 51, 0);"&gt;&lt;strong&gt;- Quel est votre mère en littérature (c’est à dire l’auteur qui vous a bercé et mis au monde, homme ou femme peu importe) ? et quel est votre père (c’est à dire l’auteur que vous rêvez de tuer, pour prendre sa place) ? &lt;/strong&gt;&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="color: rgb(153, 51, 0);"&gt;&lt;strong&gt;&lt;/strong&gt;&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;Christophe Siebert: Ma mère : Bukowski ; mon père : Manchette.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Roger Lahu: Bob Morane et le Capitaine Nemo&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Lucien Suel: Je suis né de père inconnu et ma mère est morte en couches.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="color: rgb(153, 51, 0);"&gt;&lt;strong&gt;&lt;span style="font-family:georgia;"&gt;- Dans une cave vous trouvez une lampe-torche pourrie. Vous poussez l'interrupteur sur on, comme ça pour voir, et hop un génie pourri sort de là en produisant un petit nuage soufré. Il vous dit "bon mec je tiens pas trop la forme ces temps-ci, alors ok t'as le droit de faire un voeu mais vas-y mollo et me gonfle pas avec des trucs tirés par les cheveux, d'ailleurs je vais te cadrer tout de suite , voilà les deux possibilités que je te donne, soit tu deviens un écrivain aussi célèbre que Colum McCann, soit tu te retrouves pété de tunes, à plus savoir combien exactement, style quatre milliards de dollars, alors tu choisis quoi mec ?"&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-weight: normal; color: rgb(0, 0, 0);"&gt;Cristophe Siebert: - écrivain célèbre, sans hésiter une seconde.&lt;br /&gt;&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-weight: normal; color: rgb(0, 0, 0);"&gt;Roger Lahu: Je lui colle une mandale au « petit génie » qui me pourrit la vie dans cette cave ! j’lui ai rien demandé moi ! je venais juste chercher une bonne bouteille de derrière les fagots ! qu’est ce qu’il vient me gâcher le présent avec son dilemme à la con . Mais comme je ne suis pas méchant bougre et qu’il pleurniche  je vais quand même lui payer un gorgeon à ce petit génie pourri , « Allez mon chtiot ! sans rancune ? "&lt;br /&gt;&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-weight: normal; color: rgb(0, 0, 0);"&gt;Lucien Suel: Je choisis la deuxième solution et je crée une maison d'édition à ma mesure.&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-family:georgia;"&gt;- Où la réalité se cache t-elle?&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-weight: normal; color: rgb(0, 0, 0);"&gt;&lt;br /&gt;Cristophe Siebert:  rien n'est vrai, tout est possible, tout est permis.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Roger Lahu: SHIT ! elle s’est plaquée derrière les quatre stères de buches que j’ai rentrées hier ! Mais je ne vais pas m’emmerder à toutes les déplacer à nouveau : la réalité elle aura  qu’à attendre la fin de l’hiver pour montrer à nouveau son museau de fouine !&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Lucien Suel: La réalité se cache dans les toxines de mes fibres musculaires.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-family:georgia;"&gt;- Etes-vous inséré dans la vie, ou bien avez-vous des problèmes qui vous en empêchent ?&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-weight: normal; color: rgb(0, 0, 0);"&gt;Cristophe Siebert: arh, question pas simple. je suis en partie inséré, des choses m'insèrent (un enfant, une femme, un pseudo travail), d'autres me tiennent à l'écart (pas de pognon, aucun intéret pour plein de trucs qui nourrissent la vie de plein d'autres gens)&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-weight: normal; color: rgb(0, 0, 0);"&gt;Roger Lahu: Vérifions dans le Grand Robert :&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;insérer [RseYe] v. tr. [CONJUG. céder.]&lt;br /&gt;ÉTYM. 1319, sens 3; lat. inserere; de in- locatif, et serere «  tresser, entrelacer  ».&lt;br /&gt;v&lt;br /&gt;(1599). Introduire* (une chose) dans, à l'intérieur de, de façon à incorporer* (surtout construit avec un compl. prépositionnel en dans). | Insérer une feuille, un feuillet, un cahier, un carton dans un livre (è Intercaler, interfolier). | Insérer dans un cadre (è Encadrer), dans une monture (è Enchâsser, enchatonner, sertir; → Horloger, cit. 4). | Insérer des fragments ornementaux à la surface d'un objet. è Incruster. | Insérer qqch. quelque part, dans un interstice, entre deux éléments. — Insérer une greffe sous l'écorce. è Enter, greffer, implanter. — Rare. (Sujet n. de chose). | Dispositif qui insère une chose dans une autre. — (Le sujet désigne une chose; le compl., la partie de cette chose qui s'insère). | «  Le grand dorsal (…) insère son tendon (…) à la partie postérieure de l'humérus  » (Cuvier, in T. L. F.).&lt;br /&gt;Réponse : je  voudrais bien être « enchatonné » dans la vie , ça me semble plus douillet que d’être « inséré » .  Miaaaouuuuh !&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Lucien Suel: Je suis inséré et même digéré.&lt;br /&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/strong&gt;&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="color: rgb(153, 51, 0);"&gt;&lt;strong&gt;- Combien de mots en moyenne par jour?&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-weight: normal; color: rgb(0, 0, 0);"&gt;Cristophe Siebert: Idéalement, entre mille et trois mille ; mais on fait pas toujours ce qu'on veut&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-weight: normal; color: rgb(0, 0, 0);"&gt;Roger Lahu: Écrits ? dits ? entendus ? lus ?&lt;br /&gt;Au total beaucoup trop ,  incommensurablement trop !&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Lucien Suel: 7 mots par jour, 12 par semaine, 52 par mois, une moyenne.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;/span&gt;&lt;/strong&gt;&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="color: rgb(153, 51, 0);"&gt;&lt;strong&gt;&lt;span style="font-family:georgia;"&gt;- Le livre dont vous rêvez mais que vous n’oserez jamais écrire ?&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-weight: normal; color: rgb(0, 0, 0);"&gt;Cristophe Siebert: haha ! un livre avec plein de personnages, et des intrigues complexes et très ramifiées, avec un rendu feuilletonnesque ; quelque chose comme le harry potter de la fin du monde.&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-weight: normal; color: rgb(0, 0, 0);"&gt;Roger Lahu: Deux livres :&lt;br /&gt;L’autobiographie de l’Ombre Jaune .&lt;br /&gt;Et&lt;br /&gt;«Le plus grand haiku du monde » (756 pages in folio)&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Lucien Suel: Mes insultes.&lt;br /&gt;&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-family:georgia;"&gt;- Quel rapport entretien votre écriture avec le quotidien?&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-weight: normal; color: rgb(0, 0, 0);"&gt;Cristophe Siebert: oui, constamment.&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-weight: normal; color: rgb(0, 0, 0);"&gt;Roger Lahu: Des rapports inextricables . Il m’arrive de penser que mon « quotidien » est un de mes poèmes complètement  foiré  !&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Lucien Suel: Mon écriture nourrit mon quotidien.&lt;br /&gt;&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-family:georgia;"&gt;- Avez-vous le sentiment de bien vous comporter avec les gens en général et avec vos parents en particulier ?&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;/strong&gt;&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;Cristophe Siebert: avec les gens en général, oui ; le cas de mes parents est un peu différent : mon père est mort, et je n'ai pas adressé la parôle à ma mère depuis une dizaine d'années (sauf à l'occasion de la mort de mon père, justement)&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Roger Lahu: Je ne connais aucun « gens en général » et mes deux vieux sont morts .&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Lucien Suel: Aveu : J'ai toujours le sentiment de ne pas bien me comporter et je me sens coupable. Ainsi, j'ai l'impression de répondre à ce questionnaire par-dessus la jambe et ça me donne un sentiment de honte.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="color: rgb(153, 51, 0);"&gt;&lt;strong&gt;-Y'a t il des choses indicibles en littérature?&lt;/strong&gt;&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Cristophe siebert: Non aucune.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Roger Lahu: L’essentiel ordinaire est particulièrement  « indicible » :  la littérature ne peut strictement rien dire de valable d’une seule des buches que j’ai rentrées hier (cf ci-dessus) . Et c’est tant mieux (sinon à quoi vivre « pour de vrai » ?)&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Lucien Suel: Pour moi oui, je ne saurai jamais parler du Mal comme Georges Bataille ou de Dieu comme Maître Eckhart.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="color: rgb(153, 51, 0);"&gt;&lt;strong&gt;&lt;span style="font-family:georgia;"&gt;- La musique à écouter en vous lisant?&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-weight: normal; color: rgb(0, 0, 0);"&gt;Cristophe Siebert: coil, current 93 ; bastard, béru.&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-weight: normal; color: rgb(0, 0, 0);"&gt;Roger Lahu: Ouvrez la radio au hasard ça sera okay !&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Lucien Suel: Les Kindertotenlieder de Gustav Mahler par Kathleen Ferrier, mais en sourdine.&lt;br /&gt;&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-family:georgia;"&gt;- Donneriez-vous 10 000 vies contre celle d’un écrivain ?&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;/strong&gt;&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;Cristophe Siebert: tout dépend. s'il s'agit de la mienne, ou de celle d'un copain, sans hésiter ; sinon, faut voir mais il y a peu de chance.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Roger Lahu: NIET !  mais je donnerais toute la littérature universelle pour une vie !&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Lucien Suel: Sûrement pas.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="color: rgb(153, 51, 0);"&gt;&lt;strong&gt;- Y'a til une éthique dans vos textes ou bien seulement une démarche esthétique?&lt;/strong&gt;&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Cristophe Siebert: La démarche consciente est esthétique, mais je me rends compte, à l'usage, qu'il y a une éthique derrière - pas forcément la mienne, d'ailleurs, à tous les coups.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Roger Lahu: Ni éthique ni esthétique : « encore des mots toujours des mots les mêmes mots »  (relire « Traité d’esthétique éthique » de Dalida)&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Lucien Suel: Les deux en général.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="color: rgb(153, 51, 0);"&gt;&lt;strong&gt;&lt;span style="font-family:georgia;"&gt;- L’art c’est vraiment ce qui rend la vie plus intéressante que l’art ?&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-weight: normal; color: rgb(0, 0, 0);"&gt;Cristophe Siebert: Oui. fillou président !&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-weight: normal; color: rgb(0, 0, 0);"&gt;Roger Lahu: Ecrire rajoute juste un petit  peu de sel  ou d’épices , à la vie-qu’on-vit . Parfois cela sert aussi d’aspirine ou d’anti-inflammatoire .&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Lucien Suel: J'aime beaucoup Robert Filliou mais au fond de moi, je n'ai jamais pris au sérieux ce genre d'affirmation.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-family:georgia;"&gt;- D’où viennent les phrases qui finissent dans vos livres ?&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;/strong&gt;&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;Cristophe Siebert: hum... de ma tête, j'espère, et de la tête d'autres écrivains, mais j'essaie de lutter. c'est une traduction, mes phrases. de ce que voient / pensent mes personnages. elles viennent de leur histoire, du coup.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Roger Lahu: De ce celèbre no man’s land :  « AZERTYUIOP »  (vous savez bien , cette drôle de contrée à l’entrée de laquelle est plantée une pancarte de bois trouée de balles de winchester où l’on peut lire : « Man !  fais gaffe à tes fesses t’arrive en  terre vraiment étrangère ! »&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Lucien Suel: Ha ha !&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="color: rgb(153, 51, 0);"&gt;&lt;strong&gt;- Peut on parler de public en littérature?&lt;/strong&gt;&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Cristophe Siebert: Je ne sais pas trop, justement. en tout cas, il y a des lecteurs et des auditeurs, des gens fidèles ; il y a les autres, qui existent. forcément, ça doit bien influencer le boulot, d'une manière ou d'une autre.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Roger Lahu:...&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Lucien Suel: Seulement lors des lectures publiques.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="color: rgb(153, 51, 0);"&gt;&lt;strong&gt;&lt;span style="font-family:georgia;"&gt;- Trois personnes qui ont nourris votre imaginaire?&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-weight: normal; color: rgb(0, 0, 0);"&gt;Cristophe Siebert:  Umberto Eco, Manchette, Bukowski&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-weight: normal; color: rgb(0, 0, 0);"&gt;Roger Lahu: Les deux Verne : Jules et Henri , si l’on en reste aux premières nourritures « imaginaires » d’enfance , les plus nourrissantes&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Lucien Suel: Michel Strogoff, Kit Carson et Philip K. Dick.&lt;br /&gt;&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-family:georgia;"&gt;- Attendez-vous quelque chose de vos lecteurs ?&lt;/span&gt; &lt;/strong&gt;&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Cristophe Siebert: Ouais : de l'assiduité, de l'intelligence et de l'amour.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Roger Lahu: Non ! si déjà ils sont devenus « mes lecteurs »  il n’y a rien de plus à « attendre » d’eux , ils ont fait un sacré effort  !(faut quand même pas leur en demander plus : envoi de bouteilles millésimées en guise de remerciements énamourés par exemple !!!)&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Lucien Suel: Qu'ils continuent.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="color: rgb(153, 51, 0);"&gt;&lt;strong&gt;&lt;span style="font-family:georgia;"&gt;- Quel est l'intérêt d'un texte court?&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-weight: normal; color: rgb(0, 0, 0);"&gt;Cristophe Siebert: Il est plus vite lu ; ça peut être utile, selon le support visé.&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-weight: normal; color: rgb(0, 0, 0);"&gt;Roger Lahu: Autour de 4,5% actuellement je crois , mais avec les blêmes de l’immobilier ricain ça risque de remonter !&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Lucien Suel: Qu'il s'arrête.&lt;br /&gt;&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-family:georgia;"&gt;- Qu'attendez-vous de la vie, en définitive ?&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-weight: normal; color: rgb(0, 0, 0);"&gt;Cristophe Siebert: Qu'elle continue le plus longtemps possible. la vie, c'est juste du temps ; pour ce qui est de l'occupation de ce temps, j'attends surtout des choses de moi.&lt;br /&gt;&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-weight: normal; color: rgb(0, 0, 0);"&gt;Roger Lahu: Rien de plus mais rien de moins que ….&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Lucien Suel: Qu'elle continue.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;/span&gt;&lt;/strong&gt;&lt;/span&gt;&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/5301258800169490235-5879883011862606728?l=reponsessauveesduvent.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://reponsessauveesduvent.blogspot.com/feeds/5879883011862606728/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.blogger.com/comment.g?blogID=5301258800169490235&amp;postID=5879883011862606728' title='0 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/5301258800169490235/posts/default/5879883011862606728'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/5301258800169490235/posts/default/5879883011862606728'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://reponsessauveesduvent.blogspot.com/2007/09/vous-tes-invit-une-soire-ou-vous-ne.html' title='Série 2'/><author><name>thomas</name><uri>http://www.blogger.com/profile/08692166618240911652</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='16' height='16' src='http://img2.blogblog.com/img/b16-rounded.gif'/></author><media:thumbnail xmlns:media='http://search.yahoo.com/mrss/' url='http://bp0.blogger.com/_prBH_EPl7u0/Ryw7E-W76uI/AAAAAAAAAHM/wLAsOaTOBfg/s72-c/suellahu.jpg' height='72' width='72'/><thr:total>0</thr:total></entry></feed>
